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Croissance à l'international : l'investissement sur place privilégié

La dernière livraison des services d’études de l’assureur Euler-Hermès donne quelques indications intéressantes sur le développement du commerce mondial. Bien que la présentation des résultats soit parfois sibylline, on peut en tirer quelques grandes lignes directrices. D’une part, le ralentissement du commerce mondial est confirmé, à « seulement » 2,1% cette année, une réaccélération étant envisagée en 2017 à +3 ;1%. Cette croissance « molle » est liée, selon les experts de l’assurance, à plusieurs facteurs, principalement l’affaiblissement de la demande dans les pays émergents, la faiblesse persistante de devises dans le monde… et la montée des protectionnismes.
Pour ce qui est de la France, notre CA à l’export a été mécaniquement affecté par la baisse relative du prix des produits vendus, entraînée par le recul du coût des matières premières – un effet en trompe l’œil – en quelque sorte. La possible remontée du prix des matières premières en 2017 devrait à l’inverse revaloriser ledit CA. Du reste, Euler-Hermès prévoit des exportations additionnelles d’une valeur de 42 milliards d’euros pour notre pays sur 2016/2017, derrière l’Allemagne (75 milliards d’euros) mais devant l’Irlande (38 milliards), puis l’Italie et l’Espagne (34 milliards) et la Chine (33 milliards). Une Chine qui, davantage recentrée sur son marché intérieur, achète corrélativement moins, les importations additionnelles étant prévisionnellement soutenues sur 2016/2017 par l’Allemagne (77 milliards) devant le Japon (49 milliards).
Les analystes d'Euler Hermes ne voient pas le commerce mondial revenir à des taux de croissance supérieurs à 4% dans les prochaines années, en raison de « la régionalisation des circuits de financement des économies mais encore de la montée du risque politique comme du protectionnisme ». Tout cela dans un contexte où les mastodontes chinois, mais aussi américains, lesquels importent moins d’énergie, ne tiennent plus leur rôle de locomotive en la matière.

Miser sur les filiales

Dans ces conditions, il faut davantage miser sur le développement de filiales pour vendre directement sur place, et ainsi passer par-dessus les barrières protectionnistes. Les fusions-acquisitions transfrontalières ont atteint plus de 1600 milliards d’euros en 2015, les entreprises chinoises étant comme on le sait, à la manœuvre dans le domaine.
Le cap pris par l’économie mondiale vers le digital et les services (dont les exportations résistent beaucoup mieux que celles des biens) pourraient néanmoins, selon Euler-Hermès, faire des heureux : les « micro-multinationales », potentiellement plus à l’aise pour s’adapter « aux nouveaux paradigmes du commerce international ».