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Éditorial

Union européenne : laisser plus de place à la subsidiarité

Nous allons commencer par être positifs, non pas pour utiliser la méthode Coué, mais parce que les chiffres macro-économiques récents nous invitent à davantage d’optimisme. Ainsi, le taux de chômage selon l’INSEE reculait encore légèrement à 8,7 % à fin mars. C’est encore trop, mais il faut se souvenir que nous avions dépassé les 10 % au début des années 2010, jusqu’en 2017.Quant à la croissance – 1,7 % finalement en 2018, elle devrait atteindre environ 1,5 % cette année. Ce n’est pas énorme, mais ce sera mieux que la moyenne de la zone euro, selon les prévisionnistes. L’injection de 17 milliards d’euros dans l’économie décidée en accéléré, à la suite du mouvement des gilets jaunes, va probablement doper la consommation. Voici pour les aspects sympathiques de l’actualité économique et sociale. Le pendant de l’injection de 17 milliards d’euros, s’ajoutant aux 10 milliards d’euros de la suppression de la taxe d’habitation, cela va faire automatiquement un trou dans le budget. Pour compenser ces sommes colossales, on vend ADP et la Française des Jeux, au moins en partie. C’est une vieille – et mauvaise habitude – s’agissant d’institutions stratégiques qui, au surplus, rapportent de l’argent. Voilà qui nous fait penser à la privatisation des autoroutes. Sur le plan financier à long terme c’était une mauvaise idée.
D’autres nuages gris s’amoncellent à l’horizon : conflit commercial des Etats-Unis avec la Chine, montée des tensions des mêmes Etats-Unis avec l’Iran… Dans ce contexte, va avoir lieu le renouvellement complet des instances européennes.

Union européenne : une ambiance tendue

Force est de constater que l’ambiance n’est pas à la fête, puisque tous les partis en lice aux européennes prônent, a minima, une modification substantielle du fonctionnement des institutions de l’UE. Facile à dire, difficile à faire, alors que le tant vanté couple franco-allemand semble battre de l’aile. Changer, mais pour quoi faire ? Moins d’Europe ? Davantage de convergence dans un petit noyau ? Une plus grande place laissée à la subsidiarité ?J’avoue que ce qui me choque le plus, c’est l’importance prise par les lobbyistes à Bruxelles. Ce n’est pas supportable. Un effet probablement de la très grande concentration de pouvoirs au niveau de la Commission européenne et, dans une moindre mesure, du Parlement.Au moment où l’on parle beaucoup de consommer « local », peut-être faudrait-il donner plus de place au localisme dans les prises de décisions, car le centralisme à outrance, je dis bien à outrance, est contre-productif, au niveau national, comme européen.

 Alain Gazo

directeur de la rédaction