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Éditorial

Du pragmatisme, certaines bonnes mesures, un manque de résultats

 

Les premiers mois de la nouvelle présidence ont permis d’assouplir certaines dispositions du code du travail, ainsi que s’en félicite dans ces colonnes François Asselin, président de la CPME.
D’autres réformes, plus sujettes à caution et à difficultés potentielles, vont venir ensuite : nationalisation de l’assurance-chômage, disparition du RSI, chantier de la formation…
Ce qui est intéressant dans l’approche des nouvelles autorités, c’est leur pragmatisme, mais aussi la prudence qu’elles manifestent, en même temps que la volonté d’avancer vite. Certes, les médias sont généralement très bienveillants vis-à-vis du président, ce qui facilite les choses pour lui. Cependant, il fait un parcours pour le moment sans trop d’anicroches, ne serait-ce que sur la prise de parole.
Cela étant, on n’est pas forcément d’accord avec tout ce qu’il propose, comme la tentation de poursuivre encore la centralisation des décisions publiques, au détriment des territoires.
Son équipe s’aperçoit ainsi assez tard – mieux vaut tard que jamais – que la suppression de la taxe d’habitation pour 80% des foyers risque d’être déclarée inconstitutionnelle. Qu’à cela ne tienne ! On va la faire disparaître pour tout le monde ! Mais où trouvera-t-on l’argent ? A travers une taxe locale « plus juste » ou un reversement d’une partie des recettes de l’impôt sur le revenu. Cependant, dans ce dernier cas, on prive les collectivités locales du pouvoir de décider des ressources dont elles ont besoin pour financer leurs investissements ou alimenter leurs budgets de fonctionnement en rapport avec leurs orientations.
Tout cela reste flou pour le moment. Sur un tout autre plan, le président veut plus d’Europe. Sans rentrer sur la question de savoir s’il a raison ou tort, il va devoir affronter une opinion publique qui demeure réservée à ce sujet, et des partenaires de l’UE peu empressés à le suivre.

Des résultats encore peu encourageants

Et les résultats de la politique menée depuis huit mois environ ? Pour l’instant – c’est normal – on ne peut en juger objectivement encore. Il faut laisser passer du temps pour savoir.
Force est de constater cependant que, quant au chômage, les chiffres ne sont pas très encourageants, même si la situation s’est quelque peu améliorée en 2017. Quant au commerce extérieur, on bat record sur record de déficit. Malgré une reprise nette du commerce mondial, nos exportations ne progressent que modérément – un peu plus de 1,5% – sur les neuf premiers mois de 2017, à peu près dans la lignée des importations. Les ventes de matériel militaire sauvent partiellement la mise. Cela étant, le déficit commercial cumulé au 30 septembre atteignait déjà 49,2 milliards d’euros. On vit toujours aux crochets de l’Allemagne ! Quelque chose ne tourne toujours pas rond !
Enfin, gardons l’espoir pour 2018, tant il est vrai que le moral des patrons est à un niveau élevé, comme en attestent toutes les enquêtes – dont la nôtre – publiée dans ce numéro. Cela devrait être un gage de reprise économique plus sensible.

 Alain Gazo

directeur de la rédaction