All for Joomla All for Webmasters

 

 

 

 

 

Éditorial

Affaires : les vrais risques en 2021 ?

 La crise économique et financière liée au Covid 19 ne s’impacte pas de manière homogène dans tous les secteurs. Bien entendu, le tourisme et les voyages d’affaires restent lourdement touchés, ainsi que le monde du spectacle et de l’événementiel. Pour le reste, un effet rebond a eu lieu après le confinement. Le retard de CA sera au moins en partie rattrapé d’ici la fin de l’année dans bien des domaines, sauf évidemment nouvelle catastrophe.

Retard de CA, parfois considérable cependant, il y aura. En revanche, en termes de résultats, on pourrait avoir de bonnes surprises. Le dirigeant d’une PME d’une centaine de personnes me disait récemment que sa marge exploserait cette année. Certes, son entreprise œuvre dans un secteur plutôt favorisé par la crise, son CA sera en recul par rapport à 2019. Mais le chômage partiel a atténué ses charges, tandis que ses frais de déplacement, de communication et d’événementiels ont chuté. D’où un bénéfice prévisionnel en hausse.

Une situation qui n’est pas propre à cette entreprise, mais qui se retrouve dans de nombreuses autres. Revers de la médaille, reconnaissait ce même dirigeant rencontré, le manque de contacts cette année avec la clientèle et les prospects au travers de salons, d’événements, de rendez-vous directs… risque de répercuter, craignait-il, de son niveau d’affaires de 2021.

Cette inquiétude pour l’an prochain se retrouve aussi quant à la solvabilité des entreprises. Vous pouvez lire à ce propos les propos d’Eric Scherer, président de l’AFDCC, dans ce même numéro. Vous aurez remarqué que le nombre de défaillances a diminué pendant les sept premiers mois de l’année. Surprenant ? Pas vraiment. La baisse du CA, dont l’effet est décalé dans le temps, ne serait-ce que par les délais d’encaissement, a été temporairement plus que compensées, par le report du règlement des charges sociales, de certains impôts, et surtout pour les TPE-PME – nombreuses – qui en ont bénéficié, par des PGE (prêts garantis par l’Etat), à des conditions très avantageuses, en tout cas pour la première année d’en-cours.

 La crainte d’un retour de bâton en 2021

Les spécialistes mettent en garde contre une retour de bâton d’ici six à huit mois environ, car il faudra bien payer ses dettes – à moins qu’elles ne soient annulées – supprimer le chômage partiel lorsque les affaires vont repartir, rembourser ses prêts ou les proroger à de moins bonnes conditions…

Il convient, à ce stade, de rappeler que avons évité un plongeon encore plus catastrophique de notre économie à coup d’un endettement de l’Etat « exponentiel », puisqu’on devrait atteindre 10 % environ de déficit en fin d’année et 120 % d’en-cours de dette par rapport au PIB. Mais, il paraît qu’on n’a plus besoin de rembourser désormais. Cela semble contraire à tous les principes de l’économie capitaliste et même pré-capitaliste, mais on veut y croire. En tout cas pour l’Etat. Car, pour les collectivités locales, les entreprises et les particuliers, on n’en est pas là !

Bonne rentrée à tous et bon courage.

 

Alain Gazo, directeur de la rédaction