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Éditorial

Refondons l’Europe pour préserver notre entente

Un institut de recherche allemand vient de publier une étude sur les pays de l'UE bénéficiaires de la mise en place de l'euro, ceux qui le sont moins, ou même qui en ont clairement pâti.
L'idée des chercheurs était de mettre en parallèle l'évolution des PIB des différents Etats concernés au cas où ils auraient conservé leur propre monnaie, avec leur situation réelle aujourd’hui, vingt ans après. J’avoue que j’ignore comment ils ont procédé pour parvenir aux résultats qu’ils ont publiés. Leur modèle mathématique doit être puissant, mais je crois qu'ils n'ont pu prendre en considération tous les paramètres, tant les interactions sont complexes.… Quoi qu'il en soit, les résultats de cette étude ne sauraient nous surprendre.L'Allemagne et les Pays-Bas auraient été les bénéficiaires de l’euro, avec un PIB en progression plus marquée que s’ils avaient conservé leur propre monnaie. Quant à la France et à l’Italie, elles se sont considérablement appauvries, relativement à un maintien hypothétique du franc et de la lire. La Grèce ne s’en tirerait ni mieux ni plus mal que si elle avait gardé la drachme dont l'abandon lui a, en effet, été bénéfique au début.Ces phénomènes ne sont pas étonnants. Dans ces mêmes colonnes, il y a précisément vingt ans, nous évoquions la difficulté de mettre en place une monnaie unique pour des pays dont les économies, les politiques fiscale, sociale… étaient disparates.
La décision fut idéologique. Il fallait pour les dirigeants européens d’alors, briser toute possibilité de retour aux Etats-nations, à travers l’instauration de l’euro, puis de la BCE. Le problème, c’est que les écarts de nos politiques économique et sociale ne se sont que modérément réduits, voire parfois se sont accentués, en raison d’un dumping fiscal pratiqué par certains Etats.
J’avoue que je pensais que le système – issu d’un pari risqué – aboutirait à une explosion de la monnaie unique dans un délai de dix-quinze ans, en raison des tensions croissantes résultant de l’accumulation des écarts entre les différents partenaires.

Un équilibre relatif
Le maintien d’un équilibre relatif tient certainement à la persistance d’une inflation modérée dans la plupart des pays développés, en particulier en Europe. Pour autant, les problèmes de différentiels de compétitivité n’ont pas été réglés, non plus que les nombreux problèmes structurels, par exemple en France.La situation est loin d'être satisfaisante. Alors que faire ? Certainement que les chefs d'Etat et de gouvernement se remettront autour d'une table après les européennes, pour faire le point sur ce qui marche et ne marche pas dans l’UE en évitant les incantations habituelles et les polémiques inutiles.
Le solde déficitaire de notre commerce extérieur ne cesse ainsi de s’accentuer alors que celui de l’Allemagne continue d’augmenter dans le même temps. Nous évoquons cette question dans ce numéro.
Il est temps de se retrousser les manches, afin de pouvoir continuer à travailler ensemble avec nos voisins et partenaires, tout en préservant nos spécificités et nos intérêts propres.

 Alain Gazo

directeur de la rédaction