All for Joomla All for Webmasters

 

 

 

 

 

Éditorial

De petites lueurs d’espoir dans un horizon plutôt bouché

Je souhaite bon courage, et surtout bonne inspiration au président réélu pour les cinq ans qui viennent. Nul ne sait à quelle crise, ou au contraire à quelles circonstances favorables il aura à faire face pendant cette période. Ce qui me paraît sûr, c’est qu’il poursuivra dans sa ligne d’inspiration libérale et très pro-européenne, avec quelques correctifs sociaux. Cependant, en termes d’accompagnement des ménages les plus vulnérables, le « quoi qu’il en coûte » va toucher ses limites, puisque la France a déjà accru de 600 milliards d’euros son endettement pendant le précédent quinquennat. Les taux d’intérêt s’inscrivent nettement à la hausse outre-Atlantique. Notre tour arrivera bientôt, alors que l’inflation revient au niveau des années 90. Cela va impliquer à moyen terme une charge financière accrue dans nos comptes publics et limiter nos marges de manœuvre budgétaires.

Le chantier de l’énergie

De grands chantiers sont à venir, à commencer par celui de l’énergie. Le président privilégie un mix où le nucléaire verra à terme son poids préservé, voire augmenté. Cela va à nouveau dans le bon sens, me semble-t-il, si l’objectif est de limiter nos rejets de CO2. C’est de sa part un changement de cap, certes tardif, mais qu’il faut saluer.
Cependant, il doit composer avec un électorat tenté par d’autres sirènes, et qu’il a attiré pour une part à lui au second tour. Espérons que cela ne fera pas dériver le navire.
A propos de navires d’ailleurs, où en est-on de la relocalisation des productions, plus économe en termes d’émission de CO2 ? Au-delà des propos lénifiants d’usage, j’entends sur le terrain des responsables de développement économique des territoires m’indiquer que, non seulement la délocalisation est peu visible, mais que c’est même la délocalisation qui continue…
Beaucoup de paroles donc, mais insuffisamment d’actes. Qu’en sera-t-il des promesses de repositionnement de services publics essentiels de proximité dans nos territoires, après dix-quinze ans de suppression ?

Prendre des mesures réfléchies

Pourrait-on réfléchir aux conséquences secondaires de mesures de prétendue rationalisation avant de les prendre ? Va-t-on ainsi sur la bonne voie avec cette grande commission de concertation sur une réforme de nos institutions ? Ou sera-t-elle uniquement mise en place pour noyer le poisson – déjà bien mort à vrai dire ?
Bien sûr, les événements extérieurs ont un impact important sur notre capacité de décision, à l’image de la guerre en Ukraine.
Pour autant, la France peut jouer un rôle d’apaisement ou de conciliation dans ce conflit, où nous sommes menacés d’être entraînés. A cet égard, la politique de notre président semble relativement pondérée, ce dont il me semble que l’on peut se féliciter.
Pour revenir sur terre, si je puis dire, tout ne va pas toujours pour le plus mal. Ainsi, le tourisme repart nettement, national mais aussi international. De quoi permettre aux métiers de l’hôtellerie et de la restauration de souffler un peu.

 

Alain Gazo

Directeur de la rédaction