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Éditorial

Présidentielles : la foire à la démagogie ?

La rentrée politico-économique a démarré avant l’heure fin août et sur les chapeaux de roue, approche de la présidentielle oblige. Où en sommes-nous ? Les marchés financiers se montrent plutôt en forme, un peu moins en France, alors pourtant que les taux d’intérêt atteignent des niveaux élevés et que la croissance est modérée en règle générale et carrément nulle voire négative chez nous.

Les bourses sont grandement tirées par les investissements de l’IA, qui apportera sûrement des points positifs, mais aussi beaucoup de chômage et surtout je le crains, l’atrophie progressive de nos cerveaux.

A court terme, nous allons avoir affaire au feuilleton du budget. En année pré-électorale, les opposants ne feront pas de cadeaux. Une législation par ordonnances est probable.

Notre dette fait l’objet de toutes les attentions. Il faut réduire les dépenses, mais par quoi commencer ? Pas si simple en plus car les intérêts de la dette vont devenir le premier poste de débours. Et on ne parle pas de les réduire, sauf à « brûler la dette » comme le suggère un candidat. La plupart des prétendants visent une forte réduction des dépenses, d’autres misent aussi sur le fait de faire payer les riches et les grands patrons, qualifiés même de parasites ou de nuisibles, je ne sais plus. Le problème c’est qu’ils risquent de prendre la fuite. On risque de se contenter de taxer les classes moyennes !

Face à l’augmentation des dépenses sociales, une augmentation de la TVA serait utile et quasi-indolore, faisant en outre contribuer nos nombreux touristes étrangers qui utilisent nos services publics eux aussi. Mais cette TVA dite sociale est taboue, on ne sait pas pourquoi. Sûrement la démagogie tout bêtement. En Espagne, le taux de TVA de base est à 21 %. On pourrait passer le nôtre à 22 %. Cela n’empêche pas de se pencher sur les économies à réaliser mais ce n’est pas si simple que cela. Les pensions de retraite coûtent cher, nous dit-on. D’où l’idée de différer l’âge de départ à taux plein. Pourquoi ne pas étager l’âge plutôt avec des dégressivités ? Je veux dire – certes cela existe déjà, mais il vaut mieux l’expliciter, un régime de décotes progressives, cela afin de clore ce chapitre pénible dont on ne sort pas !

Repenser notre politique extérieure

Relancer la consommation et l’emploi est une idée qui fait vibrer. Tout le monde s’accorde à dire qu’il faut dynamiser l’industrie. On dit cela depuis longtemps, et cela avance peu. Pour produire davantage, il faut être technologiquement au point et se montrer compétitif. Actuellement, par exemple, l’industrie automobile européenne est en sérieuse difficulté. Les salaires doivent donc être raisonnables, en fonction de la concurrence extérieure. L’idée « géniale » de certaines forces politiques démagogiques est d’augmenter fortement le Smic. On peut le faire, mais plutôt en diminuant les charges sociales, sur le surcroît qui serait accordé, ce qu’a proposé au moins un parti politique. Nos difficultés internes sont aggravées par un contexte géopolitique tendu. Les relations inter-étatiques, et pas seulement à cause d’un locataire de la Maison Blanche imprévisible et à certains égards violent. On l’a vu avec la guerre entre l’Ukraine et la Russie qui n’en finit pas et que plusieurs pays européens alimentent. Ce conflit est difficile à résoudre, j’en conviens, mais là je crains que l’on n’arrive à un affrontement majeur. Nous devrions essayer de rapprocher les points de vue, plutôt que d’être de parti pris. Quant à la guerre Iran–Etats-Unis, cela aura été le pompon de l’année. Notons que les USA ne s’en sortent pas mal, mis à part sur le plan de l’inflation : marchés financiers dans leurs plus hauts, industrie pétrolière florissante, chômage quasi nul. Les dindons de la farce c’est nous Français et Européens. Dans l’Union, on remarque cependant la bonne santé de l’Espagne, si l’on relativise son inflation très élevée. Certes grâce au tourisme, mais on remarque l’excellente tenue de ses principales banques nationales, ou encore de son industrie.

En résumé haut les coeurs !

Alain Gazo
Directeur de la rédaction