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Éditorial

Retour de crise : inquiétudes et opportunités

Les milliards pleuvent. « Quoi qu’il en coûte » semble être devenue la devise du Président, du gouvernement, mais aussi de certains candidats aux élections à la magistrature suprême de 2022. Quand on dépasse les bornes, il n’y a plus de limites. Et puis, on a l’impression que cette débauche de dépenses ne produit que des effets positifs. Pourquoi donc ne pas y aller plus loin encore ? Les chèques s’alignent à qui mieux mieux. Alors, n’y a-t-il aucun risque à passer de 60 à 80, 100 puis 120 % de ratio dette publique/PIB ?

C’est vrai que les spécialistes de la finance semblent avoir trouvé la parade aux inconvénients liés à la fabrication de monnaie par les banques centrales, à travers des mécanismes extrêmement sophistiqués. La dette est tenable grâce à des taux d’intérêt extrêmement bas, voire négatifs – une aberration tout de même. La menace proviendrait d’une hausse irrépressible des taux d’intérêt.

La menace de l’inflation

Or, l’inflation menace. Très élevée aux Etats-Unis, en rythme annuel, elle le devient aussi dans la zone Euro. Les carnets de commande sont pleins, soufflent plusieurs dirigeants d’entreprises de secteurs différents. Mais ils doivent souvent faire face à de fortes hausses de prix de leurs approvisionnements des hausses conjuguées à leur raréfaction (matières premières, composants…).

C’est ainsi que la reprise nette du marché automobile observée au premier semestre a subi un coup de frein, en raison de la pénurie de semi-conducteurs. Laquelle entraîne du chômage partiel dans certaines usines. Comme le monde fonctionne toujours selon la logique de la division du travail, il faut souvent importer produits ou des biens intermédiaires de très loin. Là encore, la reprise provoque une hausse vertigineuse des frais de transport, et même, me dit-on, une pénurie de containers !

Tout cela va se régulariser au fil du temps, nous affirment nos dirigeants et les spécialistes. Le phénomène le plus perturbant à moyen terme serait la persistance d’une inflation à taux très élevé, qui obligerait les banques centrales à relever leurs de base, et à limiter leur polémique dite accommodante, c’est-à-dire laxiste.

Du reste, récemment, la banque centrale de Hongrie a relevé son taux directeur à 1,5 %, afin de contenir l’inflation. Et qui dit hausse des taux, dit charges d’intérêts en augmentation, une augmentation potentiellement importante, par un évident effet de levier. Un tel mécanisme pénaliserait l’Etat, mais aussi les entreprises débitrices.

Nous n’en sommes certes heureusement pas là, mais il me semble qu’il faudrait, sinon fermer totalement les robinets, du moins restreindre leurs débits.

Alors, quand on entend le nombre de milliards d’euros distribués chaque jour par l’Etat et qu’une candidate promet de doubler le salaire des enseignants, on peut légitimement s’inquiéter. En attendant, cette fin – on l’espère – de crise sanitaire procure aux chefs d’entreprise des opportunités, y compris d’achats de sociétés étrangères à bon compte. Ne les négligez pas !

Bonne rentrée à toutes et à tous.

Alain Gazo

Directeur de la rédaction