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Commerce extérieur de la France : du bon et du moins bon


Au premier regard, le bilan du commerce extérieur de la France en 2018 ne paraît pas très bon. En effet, le déficit, désormais en grande partie structurel, augmente encore d'environ 2 milliards d'euros, à 50,9 milliards d'euros.Cela représente quand même 3,4 % du PIB. En y regardant de plus près, le bilan est cependant davantage contrasté qu’il n’y paraît.En effet, c’est l’alourdissement de la facture pétrolière qui a été en 2018 le principal responsable de cette dégradation de notre solde commercial. Un alourdissement lié à la remontée sensible des prix de l'or noir, alors que les volumes importés, convient-t-il de noter, décroissent en revanche assez nettement. Quoi qu'il en soit, le déficit énergétique a atteint ainsi 46 milliards d’euros, contre 39,3 milliards en 2017. On voit bien dans ces conditions que la situation s’est améliorée sur d’autres fronts. C’est le cas du secteur manufacturier où notre solde – certes toujours déficitaire – s'améliore de plus de 2 milliards d'euros – à - 33,3 milliards au lieu de - 35,7 en 2017.Cette amélioration est essentiellement due à une remontée sensible de nos ventes aéronautiques, alors que nos soldes automobiles, machines industrielles ou produits métallurgiques se dégradent – parfois sensiblement.Par contraste, le solde agricole revient dans le vert, à 0,8 milliard d'euros, principalement grâce à la reprise plus marquée de nos ventes de céréales ainsi qu'à celle des vins et spiritueux.Dans un contexte de croissance significative du commerce mondial (+5,2 % en 2018 après +5,4 % en 2017), les ventes françaises restent dynamiques, tout en progressant dans une moindre mesure (+3,8 %, après +4,5 % en 2017).La croissance de nos ventes est particulièrement portée par celle des véhicules automobiles et du textile habillement-cuir (+7,9 % et +8,2 % respectivement). De leur côté, les importations progressent à peu près au même rythme que les exportations (+3,9 %).
Tandis que nos livraisons de bateaux partent vers des sommets (3,1 milliards d’euros et 2,3 milliards d’excédent pour le secteur), nos ventes aéronautiques et spatiales, quoique croissant modérément (+2,7 %), représentent toujours un de nos bastions, et occasionnent, au bénéfice également d’un recul de nos achats dans ce domaine, la bagatelle de 27,1 milliards d'euros d'excédent. En revanche, le déficit pour les produits automobiles se creuse encore à 12, 4 milliards d'euros, au lieu de 9,9 en 2017. Les parfums et cosmétiques représentent évidemment toujours un de nos fleurons (avec des ventes en hausse de 6,7 % et un excédent de 11 milliards d’euros en 2018), le troisième après l'aéronautique et les boissons. Notons également la hausse de nos exportations énergétiques (+45,2 %).

Davantage de ventes vers l'Union européenne
Si l’on regarde les régions mondiales, l'évolution de nos ventes est contrastée. On remarque une accélération vers l’UE (+4,5 %), particulièrement en direction de l'Espagne, les « nouveaux membres »… et le Royaume-Uni, qui nous rapporte un excédent de plus de 11 milliards d'euros. On ne sait pas qui a le plus à perdre dans le Brexit.
Très fort dynamisme aussi vers l'Amérique (+10,6 %) et principalement vers les Etats-Unis (boissons et bateaux). En revanche, nos ventes s'effritent vers l’Afrique et le Moyen-Orient. La hausse est dans la moyenne (+3,6 %) vers l'Asie, principalement tirée par la Chine et Singapour. Globalement, nos ventes ont atteint, selon les Douanes, 464, 015 milliards d'euros l'an dernier contre 464, 0,15 en 2017 (chiffres bruts). Et nos importations 560, 782 milliards d’euros.Notre déficit a été de 43,2 milliards d’euros dans la zone euro (dont plus de 16 milliards avec l’Allemagne, 7 avec l’Italie ou encore 8 avec les Pays-Bas ; l’équilibre est quasi parfait avec l’Espagne – notre deuxième client désormais dans l’UE faut-il le souligner).Le déficit reste important avec la Chine et Hong Kong (près de 24 milliards d’euros), en légère baisse cependant, tandis que les Etats-Unis nous favorisent en nous apportant un excédent de 3 milliards d’euros, après plusieurs années de déficit successifs.Le département des statistiques économiques du ministère des Finances a publié un comparatif du solde commercial rapporté au PIB des principaux pays de l’UE. Il apparaît que l’Allemagne est à +7 %, l’Italie – pourtant tant décriée – à 2,3 %, tandis que l’Espagne s’enfonce dans le rouge, à -3 %, devant la France (-3,4 % donc), puis le Royaume-Uni, à -6,6 % (au lieu toutefois de 8,1 % en 2017 – en dépit des prophètes de mauvaise augure). Le déficit britannique est au demeurant traditionnellement lourdement déficitaire.