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Brésil : des perspectives intéressantes

Le Brésil est la première puissance économique d’Amérique latine, mais aussi le pays le plus vaste et le plus peuplé. Il est donc particulièrement digne d’intérêt pour la France, surtout sur le plan des affaires. Le sujet est souvent traité d’une manière caricaturale, en tous cas dans les « grands médias ». Aussi avons-nous décidé de réaliser pour vous une synthèse macro-économique et micro-économique sur la situation exacte du Brésil, ses perspectives, ainsi que, bien entendu, les opportunités qu’il offre pour nos entreprises.

On parle ou on écrit beaucoup sur le Brésil à propos de présidents destitués corrompus, voire déjà condamnés, comme Lula. Ou encore du nouveau chef de l’exécutif, Jair Bolsonaro, qui n’a pas beaucoup d’amis dans la presse occidentale, mais qui a cependant été largement élu par ses concitoyens à l’automne dernier.
Quoi qu’il en soit, le Brésil demeure une des super-puissances dites émergentes. Son industrie est solide et suffisamment diversifiée. Le pays dispose en outre de ressources minérales et agricoles considérables et diversifiées.
Très mal placé en revanche dans le fameux classement « Doing business » (125e rang sur 170 en 2017), l’ancienne colonie de l’Empire portugais fait cependant des efforts en matière de transparence et de lutte contre la corruption.
Son endettement est assez important (78 % en 2019) et à la hausse. Cependant, les créances seraient en grande partie détenues par des investisseurs domestiques. Comme les réserves de change couvrent actuellement plus de deux ans d’importations, on voit qu’il n’y a pas péril en la demeure de ce point de vue-là, même si la charge des intérêts de la dette plombe le solde public (9 % en 2016 au moment du pic de la crise économique, 6 % aujourd’hui).
Notons que les banques qui réalisent de bonnes marges dans un contexte de taux d’intérêt très élevés, semblent solides. Cependant, l’inflation demeure soutenue (4,2 % prévus cette année par Coface) et contrecarre l’amélioration de la compétitivité apportée par la dépréciation du Real.
Le nouveau gouvernement souhaite s’atteler à différentes réformes, d’inspiration libérale, comme celle des retraites, dont les comptes sont largement déficitaires. Il désire également privatiser plusieurs entreprises du secteur afin, principalement, de désendetter l’Etat et d’améliorer le solde public.
Le retour à une relative stabilité politique s’ajoute à ces évolutions pour contribuer à une hausse de la croissance, estimée à 2,5 % en 2019, après une quasi-stagnation durant les trois années précédentes et un fort recul de 2014 à 2016.
Malgré tout, le chômage reste élevé (plus de de 10 % de la population active). Peut-être parce que, comme l’analyse Coface, les coûts de production, particulièrement salariaux, sont élevés et le système éducatif inadéquat pour former des personnels qualifiés.

France-Brésil : un commerce extérieur excédentaire

Le commerce bilatéral franco-brésilien nous est favorable. Certes, le Brésil n’est que notre 22e client, mais il est le premier en Amérique du Sud, et – qui plus est – nous procure un solde positif. C’est assez rare pour être souligné.
Après une baisse liée aux difficultés économiques de notre partenaire, nos ventes avaient atteint 4 514,8 millions d’euros en 2018 (+8 %), face à des importations valorisées à 3 011,9 millions d’euros (+2 %). Dès lors, notre excédent ressortait à1 502 millions.
Business France souligne que le profil de nos exportations vers le Brésil est « […] plus qualitatif que vers le reste du monde, avec 94% de biens à contenu de moyenne et haute technologie (21 %) ». Du côté des importations en revanche, le Brésil nous expédie essentiellement des produits primaires et fossiles (31,5 %), des matériels de transport (34 %), des équipements technologiques (21 %), des produits de l’industrie agro-alimentaire (27 %) ou encore semi industrialisés comme le bois et le papier (16 %).
Nous avons toujours figuré parmi les premiers fournisseurs du Brésil ces dernières années, et troisième parmi les pays de l’UE, derrière l’Allemagne et l’Italie, avec une part de marché plutôt en baisse, autour de 2,5%. 

Un stock français d’IDE significatif

On sait que nos géants tricolores ont investi au Brésil et d’une manière importante, cela depuis de nombreuses années (Carrefour, Renault, Legrand…). Dans ces conditions, la France est statistiquement le 5e investisseur dans le pays amazonien depuis 2010 en termes de stock d’IDE (28,5 milliards de dollars US). Cela représente 6 % des IDE là-bas, derrière les Pays-Bas, les USA, l’Espagne et le Luxembourg. Comme une partie des investissements tricolores ont « transité » par les Pays-Bas et le Luxembourg, Business France estime que les IDE d’origine française devraient plutôt se situer « à la troisième ou à la quatrième place » en stock.
En termes de flux, le Brésil est le premier pays émergent destinataire actuel de nos flux et le 11e mondial. Localement, nous sommes actuellement comptés en 6e position des flux entrants, derrière l’Allemagne. 52 % des stocks français d’IDE sont affectés au secteur des services, 25 % à la finance, 12 % à l’automobile, 10 % au commerce de détail, mais surtout 35 % à l’industrie manufacturière et 9 % à l’industrie extractive.


Au-delà des idées reçues

Cela fait du bien de s’entretenir avec des personnes qui sont sur le terrain, loin des clichés administrés par les grands médias. Leur aveuglement, criant dans l’affaire Dupont de Ligonnès, l’est tout autant dans l’analyse de la situation internationale. Ainsi en est-il pour le Brésil, où le président Jair Bolsonaro – il ne s’agit pas ici de le défendre – est accusé de faire brûler la forêt amazonienne en raison de décisions qu’il aurait prises depuis son arrivée au pouvoir en janvier dernier.
Or, et c’est là un point faible du Brésil pour ceux qui veulent s’y implanter, tout est très lent sur le plan administratif, y compris les mesures mises en place par tout le gouvernement. Ainsi Nathalie Vanegas, qui est agent sur place de Tifanette, société qui exporte des fruits frais français à travers le monde et en particulier en Europe du Sud, nous le confirme en ces termes : « le nouveau Président avait promis, à son arrivée au pouvoir, de réduire les impôts sur les entreprises qui exportent et nous attendons toujours ».
D’une manière générale, « le Brésil est compliqué du point de vue administratif; on n’ouvre pas une société en 48 heures comme aux Etats-Unis », remarque-t-elle. Cet inconvénient est en revanche, un avantage pour ceux et celles qui sont plus persévérants, comme Nathalie Vanegas, puisque la concurrence sur un même créneau en est freinée.
Cependant, note-t-elle, « les habitants sont enthousiastes, énergiques, en particulier dans le monde des affaires et il existe dans ce pays immense de nombreuses opportunités de business ». Elle relève de plus que « le relationnel s’avère plus simple qu’en France, se traduisant par un accès plus aisé au sommet de la hiérarchie des entreprises ». Quant aux étrangers, « ils sont bien accueillis ». En tout cas, Nathalie Vanegas s’y est plue, puisque, après deux ans passés comme VIE à Sao Paolo, elle est revenue s’y installer en février dernier et est devenue l’agent pour le Brésil et une bonne partie de l’Amérique du Sud de Tifanette, son entreprise d’accueil lorsqu’elle était VIE. Ses clients sont des importateurs, des grossistes, des supermarchés, auprès desquels elle commercialise des fruits frais, traditionnels ou bio.
En sens inverse, elle contribue à l’exportation de fruits tropicaux en Amérique du Nord, en Europe, en Russie et même en Asie.
Recherchant désormais « un portfolio plus ample », elle veut monter une société de négoce, plus adaptée au développement de ses activités, en association avec un ancien transitaire spécialisé, toujours dans le domaine agro-alimentaire, vocation de Nathalie Vanegas depuis ses études à l’agro-campus de l’université de Rennes.


GOL : un acteur majeur du transport aérien au Brésil

Conquérir : Pouvez-vous nous faire une présentation générale de la compagnie (lignes opérées, nombre d'avions...)

Eduardo Bernades : GOL est la plus importante compagnie aérienne au Brésil, transportant plus de 33 millions de clients par an. Elle est aussi leader sur les marchés du tourisme de loisir et du tourisme d’affaires dans le pays. En 18 ans d’histoire, la compagnie aérienne a joué un rôle clé dans la démocratisation du transport aérien au Brésil. Actuellement, elle propose 750 vols quotidiens vers 76 destinations - au Brésil, en Amérique du Sud, dans les Caraïbes et aux États-Unis - avec une flotte standardisée de 127 Boeing 737. La compagnie a des alliances stratégiques avec Air France et KLM, en plus d'offrir aux clients 12 accords de partage de codes et plus de 80 accords interlines, apportant ainsi plus d’opportunités et facilitant les correspondances vers les destinations desservis par ces partenariats.
#NovaGOL renforce ce concept en présentant une entreprise leader sur différents aspects: sièges confortables, connectivité et divertissement, offrant la plate-forme la plus complète avec Internet, des films et une télévision en direct gratuite ; une offre de salons VIP pour les vols domestiques et internationaux, le meilleur programme de récompenses sur le marché (Smiles), et un service client reconnu et récompensé par divers organismes, telles que l'ANAC (Agence nationale de l'aviation civile du Brésil), le site Web de défense des consommateurs Reclame Aqui et le Forum brésilien des relations avec le client. En ce qui concerne le transport de marchandises et la logistique, GOLLOG permet l’acquisition, la distribution et la livraison de colis pour diverses régions du pays et à l’étranger. En interne, GOL s'appuie sur une équipe de 15 000 professionnels de l'aviation, des employés hautement qualifiés et soucieux de la sécurité, qui constitue la valeur numéro un de la compagnie aérienne.

Conquérir : Pouvez-vous évoquer votre partenariat avec Air France et les avantages pour les voyageurs professionnels, en particulier se rendant au Brésil ?

Eduardo Bernades : En partenariat avec Air France- KLM, nous disposons de la meilleure combinaison de services et de produits, avec une synergie commerciale et un réseau intégré. Ensemble, les compagnies couvrent plus de 99% de la demande entre le Brésil et l'Europe. Il existe plus d'un millier de vols en partage de code dans 18 pays différents. En outre, nous venons de terminer cinq années de partenariat fructueux et stratégique, noué avec le partenariat et la collaboration d’équipes commerciales, alliances et aéroports. Plus de 1,5 million de passagers ont été transportés au cours de cette période. Et à la suite de ce partenariat, les compagnies ont lancé il y a un an un hub stratégique commun à Fortaleza, dans le nord-est du Brésil.


Conquérir : Avez-vous des nouveautés particulières à nous indiquer pour les prochains mois ?

Eduardo Bernades : Au cours des cinq dernières années, GOL a beaucoup investi dans des solutions offrant davantage de bénéfices, rationalisant les processus, optimisant les délais et offrant plus de commodité aux voyageurs d'affaires. Par exemple, les clients ont une meilleure expérience à bord, avec des sièges plus ergonomiques, plus spacieux et plus confortables. La plate-forme de divertissement et de connectivité la plus complète (GOL Online), i comprend une connexion Internet pendant tout le vol vers toutes les destinations du pays et de l'étranger. Télévision en direct et films gratuits. La compagnie propose également une prise USB pour recharger tous les appareils pendant le vol, ainsi, les voyageurs d'affaires ne sont jamais déconnectés, des salons VIP (salons GOL Premium) situés dans les terminaux nationaux et internationaux de Sao Paulo et de Rio de Janeiro. En outre, GOL propose également des fonctionnalités telles que l'application mobile pour la gestion des voyages et des avantages exclusifs pour les clients Diamond (programme de récompenses Smiles) et l'embarquement prioritaire.
En particulier pour les petites et moyennes entreprises, GOL a lancé VoeBiz en partenariat avec Air France et KLM, qui permet à la société/client ainsi qu’aux collaborateurs de gagner des points lors de leurs déplacements professionnels et de les échanger contre de nouveaux billets. Aujourd'hui, ce programme regroupe plus de 15 000 petites et moyennes entreprises enregistrées. GOL compte également 500 contrats d'entreprise bénéficiant de son réseau et d'accords mondiaux, qui offrent des voyages encore plus intégrés à travers le monde et constituent la meilleure solution pour les voyageurs d'affaires. GOL a également des équipes dédiées pour assister les voyageurs d’affaires et dispose du meilleur taux NPS, qui mesure la satisfaction des voyageurs d’affaires.
Ces produits et services sont également associés à un réseau robuste, avec des correspondances plus rapides et plus efficaces dans les principaux hubs (GRU, GIG, BSB, FOR) avec des horaires adaptés, en plus de partenariats avec des sociétés régionales telles que Passaredo et Two Flex, ainsi qu’avec des compagnies internationales comme Air France et KLM.

Conquérir : Parlez-nous de vos produits, avant tout, ceux destinés aux voyageurs d'affaires.

Eduardo Bernades : Toujours en recherche de compétitivité, GOL évalue en permanence de nouvelles opportunités, pour offrir encore plus d’options de vol à ses clients. GOL a connu une augmentation importante de son réseau, en particulier au cours du dernier trimestre, avec des investissements dans les principaux hubs - GRU (aéroport international de São Paulo), GIG, (aéroport International de Rio), BSB (aéroport de Brasilia), CGH (principal aéroport domestique à Sao Paulo)afin de renforcer les activités nationales et internationales. En juillet, GOL a lancé le vol direct Brasilia-Cancún ainsi que la route reliant Recife à Santiago (Chili) - GOL est la seule compagnie aérienne à relier le nord-est à la capitale chilienne. Les attentes pour le second semestre de l’année sont très positives pour GOL, tant dans le secteur des loisirs que dans celui de l’activité, où l’entreprise est le leader du marché. En décembre, GOL lancera de nouveaux vols entre São Paulo et Lima (Pérou).