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Exportations 2019 : fournitures militaires, aéronautiques et pharmaceutiques à la hausse

Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, peut se réjouir d'avoir vu le solde de nos échanges internationaux réduit en 2019, à la faveur d'une croissance plus forte de nos exportations (+3,3 %) que celle de nos importations (2,2 %). Comme chaque année, nous essayons de tirer les principaux enseignements des chiffres des Douanes.

Le déficit a été réduit de près de 4 milliards d'euros en 2019, à -58,9 milliards d'euros, au lieu de -62,8 milliards en 2018. Evidemment, nous restons largement dans le rouge, où nous demeurons cantonnés depuis près de vingt ans, avec une nette dégradation dans les années 2010.

Cependant, on remarquera que, cette fois-ci, la diminution des prix du pétrole ne participe que pour 0,8 milliard à l’amélioration constatée. Ainsi, notre solde manufacturier, qui se creusait régulièrement ces dernières années, s’est réduit de 1,2 milliard en 2019, principalement grâce à la vigueur de nos ventes de produits aéronautiques, pharmaceutiques et de parfums, alors que nous achetons davantage d’automobiles – conséquence du départ de nos productions à l’étranger – ce qui est regrettable, et aussi de machines.

Quant à nos fournitures militaires, nous atteignons un sommet dans le solde positif (5 milliards).

Nous avons donc exporté pour 508 milliards d’euros de biens en 2019, et en avons importé pour 566,9 milliards. Si l’on regarde les zones géographiques, hors la réduction du déficit énergétique (44,8 milliards – tout de même – contre 45,4 en 2018), l’amélioration est essentiellement portée par nos échanges avec l’UE (-32,5 milliards au lieu de -35,1 l’année précédente). Notre déficit se creuse en revanche de nouveau avec l'Asie, de 3,7 milliards, atteignant -35,7 milliards. L'Amérique – et particulièrement les Etats-Unis est, elle, très réceptive à nos produits, avec un excédent en hausse nette, à +6,9 milliards d'euros. Nous enregistrons, a contrario, un déficit de 7 milliards vis-à-vis de l'Europe hors UE.

Nos échanges avec l'Afrique sont quasi stables et à peu près à l'équilibre. Si l'on zoome sur quatre de nos principaux partenaires, on remarque un excédent de 2,7 milliards d'euros vis-à-vis des Etats-Unis, dans un contexte d'échanges sensiblement à la hausse, avec 42,1 milliards d’exportations et 39,4 d’importations.

Ce volume global est relativement comparable à celui réalisé avec la Chine, sauf que le résultat est? dans ce dernier cas de - 32,9 milliards dans ce cas. Très bel excédent par contraste avec le Royaume-Uni, à plus de 12,5 milliards (33,7 de ventes, 21,2 d’achats). On ne sait pas qui aurait le plus à perdre en cas de « no deal » in fine. Pour ce qui est de l'Allemagne, nos échanges avec nos voisins d'outre-Rhin se tassent légèrement, tandis que notre déficit - 14,9 milliards d'euros, s’accroît un peu.

Agroalimentaire, aéronautique et pharmacie en forme

Les évolutions, cette fois par typologies, sont beaucoup plus contrastées d'une année sur l'autre. Des progressions notables sont ainsi enregistrées par l'aéronautique, la pharmacie et l'agroalimentaire. Les livraisons aéronautiques et spatiales ont ainsi progressé de 11,6 % à 64,2 milliards en 2018, cela alors que nous étions déjà précédemment à des seuils très élevés. Cette hausse est portée par les avions assemblés, comme par les moteurs ou les parties d’aéroplane. Les ventes de produits pharmaceutiques bondissent également, à 33,6 milliards (+10,4 %), grâce, en particulier, à une nette progression des importations des USA.

D’autres secteurs ne déméritent pas – loin de là. C’est le cas du textile et de l’habillement (+8,5 %), des parfums et des cosmétiques (+8,8 %), des boissons (+5 %), des produits agricoles (+5,4 %) et, dans une moindre mesure, de l’agroalimentaire (+2,4 %).

En revanche, les exportations de produits automobiles s’effritent encore de 1,6 %, alors que nous produisons de moins en moins en France. Les ventes de navires et de bateaux reculent également de 8 % après, il est vrai, une année 2018 record.

Importations : dynamisme des produits manufacturés

Du côté des importations, nos achats de produits manufacturés demeurent soutenus (+3,1 %), au-delà de la croissance de la demande intérieure globale (+1,4 %). Les achats de produits aéronautiques (+10,2 %) mais aussi de produits pharmaceutiques (+5,6 %), impactent fortement notre demande.

Sans surprise, les importations d’automobiles, également pour les raisons évoquées supra, poursuivent sur leur lancée précédente (+3,8 % après +2,7 % en 2018). Les véhicules (+4,8 %) tirent l’ensemble.

On l’a vu plus haut, nos achats de machines demeurent orientés à la hausse (+4,7 %), ce qui traduit en creux le dynamisme de nos investissements, et témoigne d’indicateurs avancés favorables pour notre économie.

L’investissement est, en effet, demeuré très soutenu en 2019 (+4,7 %, après +2,8 % déjà en 2018), cela étant en grande partie le fait de fournisseurs étrangers. Ces derniers contribuent davantage que les entreprises tricolores à pourvoir à la demande interne.

On peut noter aussi que nos achats de produits agroalimentaires atteignent un nouveau record à 42,1 milliards d'euros. Voilà un point moins positif à nos yeux.

Parmi les autres évolutions remarquables, notons la progression beaucoup plus rapide des achats de biens de consommation à l’extérieur que celle de la consommation finale des ménages (+4 % au lieu de 1,2 %).

Une part de marché mondial stable

En 2019, nos exportations de biens (+1,4 %), se sont situées très près de l’évolution de la demande mondiale (+1,5 %), dans un contexte de très grande stabilité de l’euro. Nos parts de marché restent donc globalement étales. Si la tendance de la France comme des Etats-membres de l’UE est à se tourner davantage vers des zones hors de l’UE, on se satisfera tout de même de l’amélioration globale de notre commerce extérieur.