Après les années Covid, le retour en grâce du MICE a pris plus de temps que celui du tourisme et du voyage professionnel stricto sensu. Depuis l’an dernier, l’incentive ou tout simplement les meetings comportant un caractère ludique reprennent clairement. Certaines destinations phare ou qui souhaitent le devenir ont un plan d’action pour se développer, en parallèle du reste de tentatives de montée en gamme des prestations offertes aux visiteurs. C’est ainsi que la République Dominicaine a mis « pleins phares » sur le salon IFTM, qui s’est tenu du 23 au 25 septembre dernier à Paris. Elle était le pays à l’honneur, avec une véritable visibilité exceptionnelle sur l’événement.
Plusieurs régions françaises faisaient valoir l’attrait de leurs territoires. Il nous a semblé qu’elles étaient moins nombreuses ou moins visibles que les années antérieures. Des régions du continent et des régions d’outre-mer.
A cet égard – et c’était une première – Saint-Pierreet- Miquelon figurait parmi elles.
Selon Mathieu Delamaire, responsable de la promotion, il s’agit d’anticiper l’arrivée de nouvelles disponibilités hôtelières dans l’archipel à échéance assez brève.
Actuellement, il compterait 15 000 visiteurs par an, principalement en provenance du Canada tout proche, mais aussi des Etats-Unis et bien entendu aussi de métropole. De ce point de vue, nous dit en souriant Mathieu Delamaire, la proposition récente et controversée d’un leader politique, a suscité un regain d’intérêt pour cette destination « nature » et dépaysante par excellence.
En haute-saison (de mi-mai à mi-septembre) un vol direct est opéré vers Saint-Pierre et d’une manière continue, l’accès est possible avec une escale à Saint-Jean (Province de Terre-Neuve et du Labrador).
Après ces évocations ludiques, venons-en aux déplacements à caractère plus précisément professionnel. Qu’en est-il de leur évolution ? Michel Dieleman, président de l’AFTM, dont les conférences organisées par son association sur le salon ont connu une belle affluence, remarque une tendance à une hausse modérée dans les premiers mois de l’année. Qu’en est-il désormais ?
Les incertitudes géopolitiques et économiques vont-elles peser sur les voyages d’affaires ? Nous avons interrogé à ce sujet Patricia Morosini, directrice de Selectour Affaires, évidemment bien placée pour nous donner une tendance, compte-tenu de l’ampleur de cet important réseau coopératif. Elle constate « un marché du voyage d’affaires très stable en 2025, après trois très belles années ». Stabilité, voire légère baisse, reprend-elle, tandis que sur le tourisme, elle remarque une petite hausse. Dans ce contexte, le train progresse encore, commente-t-elle. Ce que confirme Philippe Maria, directeur des ventes entreprises de SNCF Voyageurs, qui met en avant le chiffre record de « 32 millions de visiteurs transportés en juillet-août », ainsi que le dynamisme du marché des professionnels, grâce « à une vraie attractivité pour le train », favorisée par « des politiques RSE plus agressives ». Cela, alors que les grands groupes sont toujours à la recherche « d’une optimisation des frais généraux », nous glisset- il en substance. La bonne tenue du transport ferré est également en partie dûe à l’augmentation de l’offre puisque aussi bien Trenitalia renforce notablement son dispositif avec bientôt quatorze allers-retours sur Paris-Lyon, un axe essentiel pour le business. La compagnie italienne opère également désormais jusqu’à Marseille, en passant par Avignon et Aix.
Une gestion surveillée de près
Gérer les budgets voyages et les achats, cela se fait souvent à travers des spécialistes, ou des plates-formes aujourd’hui. Chaque année amène son lot de nouveaux acteurs dans ce domaine.
« Du digital, nous en faisons depuis longtemps chez Selectour Affaires, tempère Patricia Morosini. 85% des réservations se font en ligne, énonce-t-elle, et cette part tend à augmenter, car les clients attendent de l’autonomie pour réserver et échanger leurs billets ». A cet égard, souligne-t-elle, des aménagements ont été effectués sur les outils mis en place avec son partenaire KDS, pour procéder plus facilement à l’échange des billets SNCF. Pour les PME, un autre outil est utilisé - Izirez. Le digital ne fait cependant pas tout. Certains voyageurs VIP n’y adhèrent pas. De plus, les voyages complexes nécessitent l’appui de conseillers spécialisés. Et puis, il y a la question de la sécurité. Les entreprises souhaitent que leurs collaborateurs ne réservent pas par eux-mêmes hors des outils prévus, pour les retrouver facilement en cas de difficulté. A cet égard, la plate-forme 24/24 de Selectour peut rendre de grands services. Pour les problèmes majeurs, Selectour a passé un partenariat avec International SOS. Afin d’éviter les réservations individuelles, Selectour Affaires veille « à faire rentrer le maximum d’offres dans son outil », en particulier les contenus NDC » de sorte à éviter certaines surcharges des compagnies aériennes. Le tout pour proposer des meilleurs prix, bien entendu aussi.
A côté des agences de voyages historiques et des nouveaux arrivants digitaux, on notera la présence sur le salon d’acteurs spécialisés dans la vente de parcours ferrés, à savoir Trainline, et cette année pour la première fois SNCF Connect. Cédric Vandenbrouck, son directeur des ventes, évoquait la volonté de proposer l’achat de parcours de bout en bout (du bus, du métro ou d’Uber jusqu’au train ou au car).

