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Usage de stupéfiants au volant: un conducteur «professionnel» sur dix

La mortalité sur les routes augmente légèrement, cela malgré l’amélioration des conditions de circulation, des chaussées mieux entretenues… et aussi des véhicules mieux préparés pour les contraintes de sécurité. Les conducteurs professionnels sont davantage concernés par les risques d’accident. C’est logique.

Le 22e Baromètre d’Axa Prévention nous en dit plus sur la situation à ce propos. Effectivement, les conducteurs professionnels peuvent être plus touchés, car ils parcourent en moyenne 13 540 kilomètres par an, soit 53 % de plus que la moyenne des Français.

Dès lors, pas étonnant qu’un grand nombre d’entre eux – 80 % selon les résultats de l’étude, affirment être stressés lors de leurs trajets, et même 75 % prendre le volant en état de fatigue. Pas rassurant ! Stressés par les bouchons bien sûr, du coup par la pression ressentie de l’entreprise (peur du retard…).

Du coup, 59 % des conducteurs rouleraient quatre heures, voire cinq heures sans s’arrêter, ce qui n’est pas recommandé. Ils s’inquiètent également de rencontrer d’autres usagers sous l’emprise de l’alcool ou de stupéfiants. Et ils ont raison car, malgré une légère baisse en 2025, le nombre de conducteurs sous l’emprise destupéfiants est élevé, encore davantage parmi ceux qui pilotent des véhicules de société : un sur dix ! C’est énorme !

Au demeurant, cela va de pair avec la hausse vertigineuse de la consommation de drogues en France. C’est par exemple le cas pour la cocaïne, dont le nombre d’adeptes a doublé en quelques années. Les drogues sont nocives, particulièrement pour la santé. Elles sont impliquées dans 20 % des accidents mortels, des chiffres en nette progression. Ce qui n’est pas étonnant car elles altèrent la vigilance et les réflexes.

Prévenir les risques

Que doivent faire les entreprises dans ce contexte, puisque la route demeure la première cause de mortalité au travail ? se demande Axa Prévention. Précisément réaliser des actions de prévention, du reste réclamées par 86 % des conducteurs professionnels. Les addictions sont des facteurs de risque professionnel significatifs. Ils doivent être intégrés dans le RUERP, un document qui fait l’objet d’une obligation réglementaire et se veut « un levier essentiel pour structurer et renforcer les actions de prévention au sein de l’entreprise ». Les analystes de l’étude relèvent que 46 % seulement des dirigeants de TPE-PME complèteraient actuellement ce document. Cependant, à leur décharge, des formulaires à remplir, nous en avons trop et cela ne prouve pas que ces dirigeants ne prennent pas en considération les risques courus par leurs collaborateurs. « En raison du temps passé sur la route, les conducteurs professionnels sont surexposés aux risques routiers. Ils cumulent davantage de fatigue, de stress et évoluent dans un environnement de circulation saturé ce qui renforce leur sentiment d’insécurité permanente. Ce cumul délétère favorise le basculement vers les comportements à risque. Dans un contexte marqué par la hausse préoccupante de la mortalité routière, Axa Prévention tire la sonnette d’alarme », conclut Eric Lemaire, son président.

Méthodologie
Total de l’échantillon : 2977 Français 18-75 ans national représentatif dont 1941 automobilistes – 448 conducteurs effectuant des trajets professionnels, dont 275 conducteurs de véhicules desociété – 309 conducteurs de deux-roues motorisés – 2193 piétons – 953 cyclistes, dont 260 VAE – 175 trottinettistes (électriques). L’étude a été réalisée à l’instigation d’Axa Prévention, association créée en 1984 pour prévenir les risques sur la route.