Face aux quelque 1 000 milliards d’euros de trésorerie dont disposent les entreprises françaises, les alternatives aux comptes rémunérés gagnent du terrain, en conciliant performance et sens.

La trésorerie des sociétés non financières en France est estimée à environ 1 000 milliards d’euros fin 2025. Pour les directions financières, sa gestion est devenue un enjeu stratégique car il s’agit d’en optimiser le rendement tout en préservant la liquidité nécessaire au développement de l’activité et à l’absorption des chocs éventuels. Résultat : cette trésorerie excédentaire a été longtemps cantonnée aux comptes rémunérés et aux dépôts à terme. Mais, l’arrivée de nouveaux produits fait évoluer la position des responsables d’entreprise, qui sont de plus en plus nombreux à se tourner vers les fintechs et à chercher à concilier rendement, liquidité et impact.
Dans ce contexte, le financement participatif fait partie des solutions vers lesquelles ils se tournent. « Depuis 2019, nous avons constaté une progression constante des personnes morales sur Lendosphere, qui investissent un montant moyen de 205 000 euros sur notre plateforme. Notre solution, digitale et sans frais, convainc les entreprises en recherche d’optimisation de trésorerie sans sacrifier la liquidité, la sécurité et le sens de leurs placements », explique Laure Verhaeghe, cofondatrice et présidente de la société, acteur majeur du secteur.
Lendosphere propose aux personnes morales – entreprises, associations et exploitations agricoles – d’investir dans des infrastructures d’énergies renouvelables telles que des centrales solaires, des fermes éoliennes ou des réseaux de chaleur, en France et en Europe. Ce sont 100 millions d’euros sur les 450 millions d’euros levés au total, soit plus de 20 % des fonds investis, qui ont été placés sur la plateforme par près de 600 personnes morales depuis quand ? Une part qui progresse d’année en année et illustre l’appétit croissant de ces structures pour ce type de placement.
Optimiser l’excédent de trésorerie
Plus de 10 ans après la création de son cadre réglementaire, contrôlé par l’Autorité des Marchés Financiers, le financement participatif est aujourd’hui un marché mature qui représentait 1,76 milliard d’euros en volume en 2025. En progression de 1,8 % en un an, après une période de repli en raison de la crise immobilière qui continue de toucher les plateformes spécialisées dans ce secteur, le marché retrouve des couleurs, et l’investissement dans les infrastructures renouvelables y a démontré sa résilience. Un constat que partagent les entreprises utilisatrices. Pour Karel Schwarzer, président de la société immobilière Casamia, le choix répondait à un double objectif : optimiser la trésorerie et agir pour l’environnement. Il ajoute : « D’un point de vue financier, l’investissement sur Lendosphere nous permet de générer des flux de trésorerie réguliers. Ce lissage correspond parfaitement à nos besoins, en nous assurant une visibilité et une stabilité précieuses. Au-delà de l’aspect financier, nous avons été séduits par l’engagement environnemental des projets financés : nous allions ainsi performance économique et responsabilité écologique, dans une démarche cohérente avec nos valeurs. »
Du côté de l’optimisation, ces projets d’infrastructures affichent une maturité moyenne de trois ans et ont délivré un rendement moyen de 7,2 % brut en 2025 sans aucune perte définitive.
Un levier pour la politique RSE
Au-delà du rendement, ces placements s’inscrivent dans la stratégie de responsabilité sociétale des entreprises. Les projets sont sélectionnés pour leur solidité économique comme pour leur impact environnemental, mesuré à travers la puissance installée (en MW), la production (en MWh) et les émissions de CO2 évitées (en tonnes). Pour Alexis Dhellemmes, directeur- fondateur de la marque de cosmétiques bio Avril, l’investissement répond à une logique d’entreprise à énergie positive : « Notre investissement sur la plate-forme de Lendosphere représente 1 million de kWh alors que l’entreprise consomme 240 000 kWh par an. Il s’agit de participer à la transition du mix énergétique français en investissant dans des projets d’énergies renouvelables, plutôt que de placer notre trésorerie dans des comptes à terme qui financent les énergies fossiles. »


