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Digitalisation, numérisation : des succès français à l’honneur

Emprise croissante des ERP, des CRM, dématérialisation des factures et des documents, digitalisation de pans entiers de l’économie, tout cela a fait la fortune des acteurs qui ont su se positionner avec succès dans ces secteurs. Ils le doivent à leur intelligence, à leur savoir-faire, et bien sûr aussi à une bonne appréciation de leur marché. Dans ce numéro « Spécial 40 ans », nous avons souhaité donner la parole à quelques-uns d’entre eux, de dimensions différentes, mais qui ont tous su se positionner avec succès dans cet univers. Ce sont Esker, Ventya et Infolegale. Il y en a bien sûr de nombreux autres, mais c’est sur eux que nous avons souhaité porter notre éclairage aujourd’hui.

Esker, une percée impressionnante

Esker, éditeur rhône-alpin, comme d'autres dans cette région particulièrement entreprenante, il faut le souligner, est né en 1985, mais sa progression a été particulièrement notable ces dernières années, à travers une augmentation de son périmètre général d'activité et une expansion soutenue à l’international. Nous nous sommes entretenus avec Thomas Honegger, directeur des opérations France à propos de l’évolution dans le temps de la firme, de ses activités actuelles et de ses projets.

Esker fut, de prime abord, éditeur de logiciels émulateurs de terminaux (boîtiers Unix). Cela de 1985 à 2000, afin, en particulier, « de rendre les écrans plus conviviaux pour les utilisateurs ».

C'est en 2001 que se produisit une bifurcation dans le métier principal exercé. Esker passa à la mise en place d’une plate-forme multi canal « pour diffuser dans le bon format et dans le bon média les documents émis d’une entreprise à l’autre et de nature commerciale (factures clients et fournisseurs) ». Les médias furent le fax et l’e-mail.

Les dirigeants d’Esker eurent alors l’idée « de remonter dans la chaîne de valeur pour traiter plus globalement les flux de gestion ». C’est-à-dire de proposer un outil sophistiqué allant plus loin dans son but que, en quelque sorte, le métier de postier. On va alors pouvoir extraire les éléments des factures pour pouvoir les intégrer directement dans la comptabilité, les imputer analytiquement, ou encore mettre en place un système de validation des pièces.

« Nous générons ainsi des transactions financières et digitalisons des processus cash in et cash out », explique Thomas Honegger. Il relève deux faits particulièrement marquants pour Esker qui ont favorisé son développement très impressionnant depuis.

- Son positionnement précoce dès 2003, comme un éditeur en mode SaaS, ce qui était très novateur à l’époque. Aujourd’hui, il s’agit « d’une plate-forme cloud mondiale ».

- Un phénomène extérieur, cette fois, celui de l'accélération de la dématérialisation des flux de gestion, pour les Etats comme les entreprises, accélération notable à partir des années 2010.

Actuellement l'offre d’Esker, résume Thomas Honegger, consiste en une plate-forme unique, avec deux suites logicielles, l’une nommée « Order-to-cash », la seconde
« Procure-to-pay ».

La première concerne la relation avec les clients, comporte différents modules, dont celui de la gestion du compte client, facilitée par la digitalisation des commandes entrantes, module qui peut être complété par deux autres, à savoir un CRM de recouvrement et un module de gestion des encaissements permettant d'assurer la réconciliation des paiements entre la banque et le client.

Quant à la suite « Procure-to-pay », elle facilite le traitement des commandes et la gestion des factures entrantes jusqu'au processus de réconciliation, déjà évoqué supra pour les clients.

La plateforme est unique certes, mais les clients d’Esker peuvent ne choisir qu’une des deux suites ou même que certains modules de chacune d'entre elles.  Cependant, selon Thomas Honegger, les directeurs financiers ont plutôt avantage, et c'est, selon lui, souvent leur choix, de souscrire aux deux, afin de mutualiser les coûts et de faciliter la formation interne.

De ce point de vue, selon le directeur des opérations, Esker bénéficie d’un net avantage concurrentiel, car les autres grands acteurs, souvent américains ou scandinaves, n’ont pas une couverture fonctionnelle aussi large, et offrent « très rarement » les deux suites en même temps.

Alors, quelles perspectives pour Esker ? Thomas Honegger se montre très optimiste. D'une part, le marché est très dynamique car « la prise de conscience des dirigeants qu'il faut continuer à digitaliser leurs process s’est accélérée depuis le début de la crise du Covid, leur faisant prendre conscience de l'importance de garantir leur continuité opérationnelle ». Esker ne reste évidemment pas non plus les bras croisés, par exemple en apportant de nouvelles fonctionnalités, comme celle offerte par le module Esker pay, donnant accès directement à des solutions de reverse factoring, de paiement plus traditionnelles, à des scorings externes…

La conquête de nouveaux marchés est également en marche, par exemple « en allant vers les achats stratégiques des entreprises » et bien sûr, par une expansion, toujours soutenue, à l’international.

 


 

Ventya : une structure souple, un savoir-faire bien ancré

Ventya est un spécialiste de longue date de la dématérialisation de factures fiscalement probatoires. « Nous avons trouvé notre place dans un marché très concurrentiel », se félicite Dominique Bougnot, directeur général et cofondateur de la firme. « Société de taille moyenne dans notre secteur, nous nous distinguons par notre capacité à personnaliser notre offre aux métiers de nos clients », poursuit-il. Progressivement, le nombre de secteurs où Ventya est présent s’étoffe : assistance, voyages d’affaires, livre, location de voitures, agriculture… tout en ne perdant pas cette spécificité originelle de l’approche fine du client.

Si cette personnalisation est particulièrement demandée chez les très gros clients, elle peut l’être aussi chez les plus petits, qui bénéficient toutefois d’une offre plus simple. Ventya a noué un certain nombre de partenariats, soit pour proposer l’envoi de factures papier pour ceux qui le souhaitent encore, soit pour servir, en marque blanche, les clients d’opérateurs de domaines connexes comme Canon France au travers de la solution Cloud Facture pour l’envoi de factures électroniques.

A travers son portail Clear’Invoice, Ventya procède donc à l’envoi dématérialisé de factures ou à leur réception, toujours avec une garantie du respect de la législation et bientôt des nouvelles exigences liées au passage progressif au tout numérique des échanges de factures entre entreprises privées à partir du 1er juillet 2024. Dès lors, Dominique Bougnot voit 2022 comme une année de transition.

Néanmoins, l’année devrait être favorable pour Ventya et les autres opérateurs du métier, pour deux raisons selon lui :

  • La prise de conscience liée au Covid 19 qui a mis en difficulté les services comptables.
  • L’accélération du processus de transformation digitale liée à l’échéance 2024-2026.

A ce moment-là, les entreprises devront opter soit pour utiliser la solution qui sera mise en place par l’Etat, laquelle sera cependant « généraliste », selon Dominique Bougnot, soit pour les plates-formes extérieures de prestataires, à l’exemple de celle de Ventya. « Ces plates-formes devront être immatriculées et homologuées », commente-t-il encore.

Outre ses capacités de personnalisation, il valorise pour Ventya « une solution française basée en France, dont le support client et la R & D sont également fixés dans notre pays, et qui ”parle français” ». Les factures sont également conservées dans l’Hexagone. De quoi rassurer…

 


 

Bodet Software : l’exigence industrielle dans le monde informatique

Parmi les entreprises digitales, la très grande majorité sont issues d’informaticiens qui ont développé des solutions dans différents domaines (ERP, CRM et SIRH, bien sûr).

Bodet Software fait exception à la règle. En effet, elle est issue de la création d'une activité complémentaire d'un industriel, en l'occurrence Bodet, horloger bien connu pour la fabrication d'horloges de grandes dimensions à destination d’édifices, de gares…

Cette origine différente nous a incité à creuser davantage le sujet avec son responsable du marketing, Cédric Lampin. Et cette origine, cela tombe bien, elle remonte aussi, comme Conquérir, à environ 40 ans. A vrai dire, dans les années 70, existait chez Bodet une activité très réduite, d’horlogerie spéciale, permettant d’horodater les heures d’entrée et de sortie des salariés. Le pointage en somme. Cette petite activité va bénéficier d’un élan considérable porté par différents événements successifs.

Ce fut d’abord vers les années 83-84 l’arrivée des premiers ordinateurs individuels dans les entreprises. L’informatisation des listings de contrôle fut alors rendue possible, et du reste nécessaire, à la faveur d’évolutions législatives importantes, comme celles liées à la possibilité d’instaurer des horaires variables.

En 89, Bodet Software fut, se souvient avec fierté Cédric Lampin, le premier à mettre sur le marché un système de badgeage centralisé sur PC IBM, avec un système d’exploitation DOS. Des fonctions avancées ont pu être ainsi mises en place :

  • un meilleur contrôle du temps de travail en journée,
  • une individualisation des horaires, permettant un calcul plus aisé des heures supplémentaires,
  • la possibilité d’ouvrir les accès physiques à l’entreprise en utilisant le badge de pointage.

 L’irruption d’Internet change la donne

L’arrivée de Microsoft Windows a représenté aussi bien sûr « une étape majeure » dans le processus de démocratisation de l’utilisation des solutions proposées par Bodet Software et d’autres éditeurs. Elle a favorisé « une plus grande décentralisation de la fonction RH ».

Vers la fin des années 90, souligne Cédric Lampin, ces évolutions se confirment pour des raisons cette fois politiques. La loi Aubry et ses fameuses 35 heures nécessitent une réorganisation complète du temps de travail dans les entreprises et aussi de la comptabilisation des heures. Bodet Software s’est attelé à faire en sorte que sa solution évolue au diapason.

L’irruption d’Internet dans les années 2000, en particulier cette fois à travers les messageries, a permis le développement de produits ou de modules de gestion RH orientés vers le collaboratif et la planification collective, par exemple le partage de plannings de présence, de congés… entre les services RH et l'ensemble des salariés.

Les années 2010 ont été marquées par « le principe du Cloud ou Software as a
Service »
en affranchissant les entreprises de la maintenance et leur permettant de toujours bénéficier des dernières fonctionnalités logicielles.  Parallèlement, la mobilité s’est accrue, facilitée par l’explosion des smartphones. « Notre solution logicielle Kelio était calibrée pour faire en sorte que toutes les fonctionnalités puissent être traitées en
mobilité »,
se souvient encore Cédric Lampin. « Nous avons fait en sorte que notre logiciel permette de traiter l’ensemble des problématiques RH et cela en partage – ce qu’on nomme le SIRH », souligne Cédric Lampin. « Nous couvrons, poursuit le responsable marketing de Bodet Software, l'ensemble du processus de gestion des temps, gestion administrative du personnel et gestion des talents avec le recrutement, les entretiens professionnels, la gestion du plan de formation, l’onboardings, la gestion des notes de frais…

Et en 2020, nous avons ajouté un nouveau maillon à la chaîne, celui de la production de bulletins de paye », se réjouit-t-il.

« Nous avons pendant ces 40 ans de mutation, imposé une logique industrielle dans les processus informatiques de gestion RH, c’est-à-dire celle de la pérennité et de l’accompagnement dans la durée », conclut Cédric Lampin.


Infolegale : apporter de la valeur ajoutée dans l’information

Acteur français de référence pour la sécurisation de la relation BtoB, Infolegale s’est donnée pour mission d’aider les entreprises à pérenniser leurs relations d’affaires et se positionne comme l’expert de l’information légale, capitalistique, financière et réputationnelle sur les entreprises et leurs dirigeants. Elle propose une gamme complète de solutions d’évaluation et de mesure des risques liés à la solvabilité, la fraude, la conformité et la réputation.

« Infolegale est venue injecter de la valeur ajoutée et de la prédictibilité dans les data et les indicateurs mis à la disposition des entreprises pour limiter les risques induits par les échanges commerciaux », explique son cofondateur Bertrand Laffay. Depuis une dizaine d’année, les paradigmes du marché de l’information ont considérablement changé au gré des évolutions technologique mais aussi réglementaires et comportementales. Les moyens d’obtention et de distribution des informations ont également évolué. « Infolegale, dès sa création, indique Bertrand Laffay, s’est appuyée sur de nouveaux modes de collecte digitale et collaborative des informations via ses programmes de collecte SmartData et la création d’un écosystème de plateformes digitales permettant l’enrôlement des sociétés, afin qu’elles déposent de l’information à partager avec la communauté. »

Infolegale a également développé de nouveaux modes de traitement et d’analyse des données caractérisant la relation BtoB, afin d’améliorer la prédictibilité et la pertinence de ses scores dans un contexte, d’une part, de raréfaction relative de la donnée financière disponible du fait de la règlementation autorisant la demande de confidentialité des comptes déposés aux greffes qui restent par ailleurs accessibles aux sociétés de scoring telles qu’Infolegale, pour calculer leurs scores et d’autre part, e d’augmentation du volume et de la rapidité d’accès à une multitude d’informations transactionnelles ou réputationnelles sur les entreprises, informations plus ou moins qualitatives et difficilement vérifiables, donc difficilement exploitables et interprétables avec fiabilité.

Anticiper les risques

La digitalisation des échanges, qui se concrétise plus sensiblement dans les mentalités et dans les flux transactionnels depuis l’après Covid, offre de nouvelles opportunités d’amélioration de la mesure et de l’anticipation des risques, sous réserve que les informations puissent être « opposables » et que les traitements qui leur sont appliqués puissent permettre aux entreprises une utilisation simple, fiable et exploitable au quotidien.

Les grandes entreprises et les ETI se sont d’ores et déjà approprié une grande part de la valeur ajoutée de cette approche via l’intégration des données dans des solutions logicielles au moyen de connecteurs ou depuis des plateformes en ligne. « La généralisation de la digitalisation, permet à présent une démocratisation de l’accès à ces informations exhaustives et qualitatives, ainsi qu’à la prédictibilité des scores, souligne Bertrand Laffay. Infolegale accompagne le mouvement en lançant dès le début de l’année prochaine une offre pure player, de rapport de solvabilité. » Baptisée Presto Infolegale, elle donnera accès, pour des achats à l’unité et sans engagement, à toute la valeur ajoutée de ses informations. L’offre de rapports Presto Infolegale s’adressera principalement aux TPE et PME, « afin de leur donner accès, simplement et à faible coût, à des rapports d’identité et de solvabilité à forte valeur ajoutée, les aidant ainsi à parfaire la connaissance de leurs partenaires commerciaux et à pérenniser durablement leurs relations d’affaires », résume encore Bertrand Laffay.