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Le logiciel libre gagne du terrain, le mode SaaS régresse un peu

En matière de logiciels de gestion, le choix est assez pléthorique. En revanche, en termes de mode d’acquisition, le SaaS a largement supplanté ces dernières années l’implémentation en site propre. De même, le logiciel « libre » restait assez marginal. Les choses sont-elles en train d’évoluer sur ces deux plans ? Jean-Michel Armand, cofondateur et dirigeant de Hybird, l’éditeur du logiciel libre de CRM CReMe, a tendance à le penser, au vu de ses contacts sur le terrain.

Conquérir : Pouvez-vous nous rappeler tout d’abord ce que sont les logiciels libres ?

Jean-Michel Armand : Les logiciels libres— free en anglais, sont nés de l’idée de quelques chercheurs américains utopistes dans le milieu des années 1980. Ils voulaient mettre à disposition gratuitement le fruit de leurs découvertes. On pouvait récupérer le code des applications sans rien débourser. Bien entendu, cela est utile pour ceux qui ont les connaissances techniques suffisantes pour codifier l’application suivant leurs besoins propres. Pour le commun des mortels , il faut faire appel à l’éditeur de logiciel libre, ou à tout autre prestataire, pour réaliser cette codification et assurer les développements ou la maintenance nécessaires. Il y a peu encore, la part des logiciels libres demeurait assez marginale dans le marché. Désormais, elle s’agrandit.

Conquérir : Pour quelles raisons les logiciels libres sont-ils aujourd’hui davantage dans l’air du temps ?

Jean-Michel Armand : Il y a à cela plusieurs raisons. La première est certainement de reprendre le contrôle des opérations. Ainsi, lorsque l’on veut choisir une configuration d’éditeurs classiques, en particulier les majors, on est obligé de passer par un intégrateur. Cela a un coût et dans le même temps, on maîtrise moins bien son budget, les affichages, les données qu’on veut stocker, l’édition des profils ou les traitements automatisés.

La synchronisation avec d’autres outils, la possibilité d’établir des ponts avec eux, est également moins propice dans le contexte classique. Ce qu’on peut paramétrer davantage à sa main avec un logiciel libre, comme notre CRM CReMe que l’on peut coupler par exemple avec Waze encore avec Brenvo, application spécialisée pour les campagnes de e-mailing. Du point de vue de la sécurité des données, le logiciel libre permet d’avoir accès au code source, donc de mieux la maîtriser, puisqu’on peut directement reprendre le contrôle. De même, en cas de défaillance de l’éditeur, et plus généralement de souhait de changer d’intégrateur. Je parle d’intégrateur, car même si dans la théorie le code source est gratuit, il faut pouvoir dans ce cas être totalement autonome, donc avoir les compétences techniques nécessaires. Un nouvel élément favorise dernièrement les logiciels libres, c’est une certaine phobie des éditeurs outre-Atlantique. Même si les éditeurs américains dominants annoncent disposer de centres d’hébergement en Europe, la crainte de voir les données partir outre-Atlantique gagne du terrain. J’observe même que de très grands noms sont même désormais exclus d’appels d’offres pour cette raison. Et même si c’est un éditeur de logiciels libres.