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Les Boomers ont-ils ruiné la France ?

Une question qui taraude les baby-boomers mais pas que… Rappel : les (baby)boomers sont nés entre 1946 et 1964, ils ont donc à ce jour entre 61 et 80 ans et sont très majoritairement retraités.

Pourquoi en sommes-nous là ?

Ce ne sont pas des boomers qui ont initié le volet social du budget. Pour rappel, la première loi sur les retraites par répartition date de 1930 et les ordonnances de la Sécurité sociale de 1945 : les boomers n’étaient pas nés ! Les dirigeants qui ont alourdi les dépenses sociales sont d’abord les présidents Giscard d’Estaing et Mitterrand (retraite à 60 ans) qui n’étaient pas des boomers. Mais les suivants comme Sarkozy, Fillon (Premier ministre) ou Hollande – eux sont des boomers – n’ont pas vraiment inversé les tendances lourdes, malgré quelques réformes.

On ne peut pas dire que les boomers ne soient pas responsables de cette situation dont ils profitent mais ils n’ont pas commis de faute. Leurs politiques ont simplement manqué d’anticipation et sans doute de courage.

Quant aux bénéficiaires (les Boomers et la génération précédente), ils ne se sont jamais étonnés de profiter de la retraite la plus généreuse en Europe pendant plus de vingt ans.

Que faire pour sortir de ce déficit d’image des Boomers ?

Il y a derrière ce procès plus ou moins médiatique – entretenu par nos « amis » de l’étranger entre autres – un relent de mécontentement des jeunes générations de ne pas pouvoir profiter de cette manne et de ce temps heureux (alors que nombre de retraités – 20 % au moins ! – ont du mal à joindre les deux bouts).

Nous étions optimistes collectivement mais la société a changé, elle est plus dure (cf. les problématiques de logement, du travail qui ne paie pas assez, d’ascenseur social en panne, des conséquences du covid…) et le monde est désormais plus incertain d’où l’inquiétude légitime des jeunes générations « vers quoi allons nous ? ». Les générations récentes, Y ou Z, ne partagent pas notre vision optimiste du monde qu’il trouve inégalitaire, voire injuste, comme pour l’héritage ou le réchauffement climatique.

Alors ces générations veulent beaucoup et tout de suite car c’est maintenant qu’il faut profiter ; demain est un autre jour ! Donc concrètement cela veut dire moins (ou pas) d’enfant, moins de sacralisation du travail, plus de plaisir pour profiter de sa vie…

A ce stade, il convient de reconnaître trois vérités simultanément :

Aucune génération n’est souveraine de son contexte. Aucune génération n’est totalement innocente de ses choix collectifs.

Et surtout aucune génération n’est dispensée d’agir. Pour cela il faut faire preuve de maturité politique en sortant de la logique de blâme pour entrer dans une logique de transformation et de maturité psychologique. Et si nous évitions la culpabilisation, la victimisation, et acceptions une responsabilité partagée dans le présent ?

Les générations post baby boomers sont certes des héritières – mais elles sont aussi les actrices du présent. La question n’est donc pas : « Qui a ruiné la France ? » et « Qui a fait quoi hier ? » mais « Qui agit aujourd’hui ? » Nous ne sommes pas coupables du contexte dans lequel nous naissons. Mais nous sommes responsables de ce que nous en faisons. Conclusion : si en apparence les générations sont irréconciliables, en s’écoutant et en travaillant ensemble, nul doute que des pistes de rapprochement s’ouvriront pour agir ensemble.

Dominique Dubreuil
Association des Boomers en mouvement
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