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Le Néolithique attire les visiteurs à Sanliurfa

Forteresse sur le bord de l’Euphrate - © Conquérir

La représentation que l’on se fait généralement du tourisme en Turquie, repose principalement sur deux piliers : Istanbul et la côte de la Mer Egée pour le farniente.

Cependant, la Turquie ce sont des centaines d’années, voire des millénaires de culture. Un patrimoine issu de l’Islam, des vestiges de la présence passée du christianisme, qui continue d’avoir une certaine activité, en particulier à proximité de la Syrie. Et aussi des sites préhistoriques, qui remontent parfois au Néolithique. Tous ces ingrédients sont réunis dans l’est de la Turquie, à proximité de la frontière syrienne, et le tourisme culturel s’y développe. Nous avons pu le constater sur place, à l’invitation du Ministère de la Culture et du Tourisme de ce pays, en nous rendant à Sanliurfa.

Les autorités nationales et locales sont très actives dans le développement du tourisme culturel en mettant à profit la découverte de sites néolithiques très anciens puisque des vestiges retrouvés dans l’un d’eux datent de 10.000 ans avant J.C., ce qui en fait sans doute l’un des plus anciens découverts dans le monde. Il se trouvent en particulier dans la zone que nous avons visitée à Sanliurfa et aux alentours. Deux sites principaux sont déjà ouverts au public : GöbekliTepe et KarahanTepe, ce dernier en cours d’exploration. Et les trouvailles ne sont pas de simples pierres cassées ! On découvre de véritables sites précédemment enfouis qui témoignent d’une utilisation vers 9800-8200 av. J.C, probablement dédiés à des rituels. Un musée d’archéologie couvrant également des périodes plus contemporaines, jusqu’à la période islamique, vaut le coup d’oeil ainsi que le musée de la mosaïque (romaine) adjacent.

GöbekliTepe-le principal site, attire beaucoup de visiteurs _ probablement dépassera-t-il les 900.000 entrées cette année, selon Mehmet Kasim Gülpinar, Maire de la Commune concernée, Sanliurfa, et de son agglomération.

La saison la plus favorable pour la découverte va de septembre jusqu’à mai-juin.

Evidemment, il faut loger ces visiteurs. Mehmet Kasim Gülpınar souhaiterait doubler le nombre de places hôtelières dans sa ville, actuellement de 9000, afin que les touristes y logent davantage.

Notons que les visiteurs sont pour une bonne partie turcs, mais aussi européens et asiatiques, voire sud-américains.

Sanliurfa n’est pas une commune à la française. Elle compte 2,3 millions d’habitants et est établie sur 19 000 km². C’est une sorte de grande métropole. Mehmet Kasim Gülpinar, indique que l’agriculture est dominante (céréales, pistaches, grenade, amandes, coton, élevage, etc.).

L’industrie est insuffisamment développée, regrette-t-il. C’est qu’il faut occuper une population jeune nombreuse, alors que le chômage est plutôt élevé. Le tourisme représente une opportunité pour créer des emplois. On a parlé de visiteurs « instruits » et donc probablement aisés. L’hôtellerie est au diapason ainsi que les restaurants. Certains proposent des menus gastronomiques de haut niveau avec des produits originaux, élaborés avec soin à partir de ressources locales acquises auprès de plus de 170 fermiers, nous assure-t-on. Le folklore est également de la partie et la musique en général puisqu’un festival mondial parrainé par l’UNESCO s’y déroulera l’an prochain du 20 au 26 octobre. Sanliurfa a du reste obtenu le label de « City of Music » de l’UNESCO. Toutes ces initiatives sont facilitées par le retour à la stabilité, dans cette région proche de la Syrie, qui se trouve à 60 km de sa frontière.

650.000 syriens avaient trouvé refuge dans l’agglomération de Sanliurfa. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 280.000. Quoi qu’il en soit, 3 groupes ethniques sont présents : les turcophones, les arabes et les kurdes. Le Maire de Sanliurfa affirme que l’entente règne entre ces communautés, en respectant toutefois leurs différences puisque lui-même annonce parler les 4 langues véhiculaires : le turc, l’arabe, le kurde et le zaza (variante du kurde).

Il nous apparut édifiant du reste que l’orchestre folklorique qui s’est produit face à la délégation à laquelle j’appartenais était kurde. La réconciliation semble là ! Tant mieux ! Notons _ c’est un plaisir, que le maire parle un excellent français acquis dans un temps où notre pays avait une bien plus grande influence culturelle.

Pour ceux qui disposent d’un peu de temps, une petite croisière sur l’Euphrate, relativement proche, est également très plaisante.

Alain GAZO