Secteur agricole en Roumanie
La Roumanie est un grand pays par la surface ainsi que pour son industrie et son agriculture de l’extrême est de l’Union européenne. Les entreprises françaises y sont bien implantées, à commencer par Renault à travers sa filiale Dacia. Cependant, tout n’est pas rose là-bas, et la situation politique y est instable, avec un nouveau changement de gouvernement à venir. Quant à son voisinage avec l’Ukraine, toujours en guerre avec la Russie, il n’est pas non plus favorable en ce moment.
Ces nouveaux soubresauts politiques sont en partie liés à la nécessité de réduire les déficits des comptes extérieurs et national. Une certaine austérité s’avère nécessaire. Des mesures ont déjà été prises en 2024, mais il faudrait aller plus loin. Dès lors, un des partis de la coalition - le PSD, descendant direct du parti communiste de Ceaucescu, a quitté le navire. Les eurosceptiques demeurent également puissants et ils ne veulent pas leur faciliter la tâche.On l’a dit en introduction, les entreprises françaises sont implantées en nombre en Roumanie, 4 200. Nous y sommes le troisième investisseur étranger avec un stock d’IDE qui s’élevait à 12,9 milliards d’euros en 2023, ce qui nous mettait en troisième position (10,9 %) derrière l’Allemagne (14,5 %), également l’Autriche (11,7 %) mais devant les USA (7 %), et les Pays-Bas (6,8 %). Nos IDE sont concentrés dans l’industrie (37,9 %), le commerce extérieur et de détail (16,9 %), l’intermédiation financière et les assurances (14,5 %).Ou encore la construction et les activités immobilières (11,7 %).
Quoiqu’en progression, les investissements roumains dans l’Hexagone sont beaucoup plus limités, avec un stock de seulement 233 millions d’euros en 2023. Pour être très concrets, nous nous devons de citer les principales sociétés, dont 36 du CAC 40, représentées sur place, sachant que de nombreuses PME-PMI _souvent dans leur environnement direct, y sont également implantées.
Renault-Dacia en pointe
On commencera par Renault–Dacia, qui emploie directement 18 000 personnes et a entraîné dans son sillage des fournisseurs de grande envergure, comme Forvia, Michelin, Valeo, Hutchinson.Toujours dans l’industrie, on remarque Saint-Gobain, Airbus, Thales, Air Liquide. Dans l’énergie, Engie occupe la place de premier distributeur de gaz, et Orange est le premier opérateur mobile.
Nous sommes également très forts dans l’agroalimentaire, avec le groupe Lactalis et Danone (50 % du marché des yaourts). Dans les services, on relève la présence du groupe Société Générale avec sa filiale BRD, tandis que Groupama occupe une place importante dans le secteur des assurances, et Veolia dans l’exploitation des eaux de la capitale Bucarest. On voit donc que la Roumanie présente certains attraits, loin d’être négligeables.
Une croissance économique ralentie

L’économie roumaine stagne, après des années plutôt favorables, mais elle n’est pas la seule ! Quelles en sont les raisons ? Tout simplement peut-être qu’elle ne peut s’extraire de son environnement, peu favorable en Europe en règle générale. Elle souffre cependant sans doute avant tout d’une atonie de la consommation privée. Sa balance extérieure pèse également. Ses finances, on l’a vu supra, ne sont pas brillantes et les dirigeants ont été contraints de serrer la vis. Parmi les mesures prises, la hausse du taux de base de la TVA de 19 à 21 % et le relèvement des taux réduits. C’est sous la menace d’une nouvelle dégradation de la note « investissement » de Fitch, en dessous de BBB-, qui augmenterait considérablement les intérêts des emprunts, que le gouvernement a, en outre, décidé une hausse des cotisations d’assurance-maladie, mais aussi le gel des salaires et des pensions dans le secteur public. Imaginez les réactions en France si l’on faisait cela !
Coface envisageait en début 2026, une croissance encore faible cette année. Nul doute que les événements au Moyen-Orient ne vont pas arranger les choses.
Un commerce extérieur roumain déficitaire, excédentaire vis-à-vis de la France
La Roumanie présente un solde commercial extérieur déficitaire récurrent, mais excédentaire vis-à-vis de nous. L’Allemagne est son premier client, parfois pour des réexportations ultérieures, avec 21 % de parts de marché en 2024, devant l’Italie (10 %) et la France (6 %).
A l’import, l’Allemagne domine également (19 %), devant l’Italie (8 %), puis la Hongrie (7 %). Nos échanges commerciaux en 2024 se sont montrés stables, après une forte poussée en 2023. Ils ont atteint alors 11,6 milliards d’euros. Notre part de marché, signale la Direction générale du Trésor, régresse légèrement, face à la concurrence de la Chine et de la Turquie, mais aussi d’autres PECO (Pologne, Hongrie, Bulgarie) plus proches et aux niveaux de prix plus compétitifs. Nous affichions un déficit de 985 milliards d’euros en 2024, mais tout cela ne doit pas être perçu comme insatisfaisant, puisqu’il prend en compte les flux générés à l’import par Dacia.
Du reste, nos achats se composaient alors très largement de matériels de transport, pour 43,8 % du total, à 2,8 milliards d’euros, puis d’équipements mécaniques, de matériel électrique et informatique (1,4 milliard). Les produits du caoutchouc et du plastique, des textiles et de chaussures, ainsi qu’agricoles complètent l’ensemble mais à de moindres niveaux. Dacia réalise 10 % des ventes nationales de Roumanie, rapporte la DGT.
De leur côté, nos exportations se sont élevées à 5,3 milliards d’euros en 2024. La DGT les juge diversifiées, quoique dominées par le secteur des équipements mécaniques, du matériel électrique, électronique et informatique (27,9 % du total) pour 1,5 milliard d’euros. Nos ventes de matériel de transport, puis des produits chimiques et cosmétiques, ou encore métallurgiques, représentent également des montants significatifs.En dépit de tout cela, la France est un partenaire de premier rang de la Roumanie. Parmi nos concurrents, la Pologne (6,3 % de parts de marché), la Chine (6,2 %) puis la Turquie (5,6 %) gagnent du terrain tandis que l’Italie, la Hongrie et surtout l’Allemagne sont loin devant nous.

