Tradition et modernité se croisent © Constantinos Kollias
La Grèce fait toujours rêver. Son histoire bien sûr, ses jolis paysages, ses plages et ses vestiges attirent beaucoup les visiteurs. Le tourisme reste une des deux sources de revenus majeures avec l’armement maritime. Le pays du mont Olympe avait beaucoup inquiété au moment de la crise des subprimes. L’Union Européenne – entre autres –était venue à son secours en contrepartie de l’engagement du gouvernement de l’époque–pré-Mélenchoniste –de mener une politique d’assainissement drastique. Qu’en est-il aujourd’hui ?
Une croissance assez solide en 2026
En rentrant plus dans le détail, quels sont les moteurs de la croissance grecque –relativement soutenue ? Tout d’abord, selon les experts, une augmentation de la consommation des ménages, poussée par le réajustement à la hausse des salaires. Notons que le revenu moyen par habitant (au-dessus de 22 000 euros) est loin d’être négligeable. Après, on le sait, une forte baisse au début des années 2010, le gouvernement de centre-droit s’efforce de remettre du baume, ou plutôt de l’huile d’olive en la circonstance, dans les épinards, ou les dolmas. Le salaire minimum a ainsi été sensiblement augmenté en avril dernier à 950 euros mensuels au lieu de 880 euros en 2025. Dans le même temps, une baisse des taux d’impôt sur les revenus est en cours. Le recul du taux de chômage vient compléter ce trio favorable à la consommation (8,3 % au troisième trimestre 2025). Quant à l’investissement, il est dopé par les fonds européens, tout spécialement dans le domaine de la construction. Le programme Next Generation UE alloue ainsi dans sa nouvelle tranche 36 milliards d’euros à la Grèce sous forme de subventions et de prêts. Pour ce qui est du tourisme, les recettes ont augmenté de 8,9 % en 2025 ,une croissance pour moitié due à des paniers moyens plus élevés. Coface pointe également l’émergencedu rôle mondial du pays de Platon comme leader mondial du transbordement, dans un contexte où le rôle de la Méditerranée orientale dans ce cadre devrait s’accentuer. Cela, évidemment, une fois les avatars actuels en mer Rouge et dans le détroit d’Ormuz passés. Parmi les points « noirs », on relève un déficit toujours élevé de leur balance courante, en raison de l’importance des investissements publics, des IDE et du déficit commercial (15 % du PIB en 2024), porté par la dépendance des importations de produits manufacturés. Fort heureusement, la balance des services (10 % du PIB en 2024) est notablement excédentaire. A propos d’IDE, ils se portent principalement dans l’industrie manufacturière et l’immobilier. Ils proviennent principalement, dans l’ordre, du Luxembourg, de Chypre, des Pays-Bas et de Russie. Après une montée à 8 milliards d’USD en 2022 , les flux ont atteint 5,3 milliards en 2023. Le stock était à ce moment-là de 61,5 milliards d’USD.
Au fait, quelle est la situation politique à Athènes ? Le premier ministre Mitsotakis terminera son deuxième mandat à mi 2027, comme en France pour Emmanuel Macron. En attendant, le gouvernement – face à une opposition multiformes, pourra poursuivre sur son sentier de réformes soutenues par l’UE. L’électrification du parc automobile, la numérisation des services publics, qualification de la main-d’oeuvre, ou encore l’amélioration des infrastructures figurent parmi ses priorités.
A l’international, la Grèce sait défendre ses intérêts. On l’a vu sur la question du GNL russe à l’occasion d’un énième paquet de sanctions contre Moscou– moins cela fonctionne, plus on continue sur la même voie.
Quant aux relations avec le voisin turc, empoisonnées par le passé mais aussi par les richesses gazières sous la mer, elles demeurent tendues, quoique peut-être à un moindre degré qu’antérieurement.
Commerce extérieur : la France septième fournisseur

Le commerce extérieur grec est chroniquement déficitaire, et malgré un mieux récent, le taux de couverture est de l’ordre de seulement 55 %. Pour mémoire, l’excédent de la balance des services (22, 6 milliards d’euros) ne comble pas ce trou. Les quatre premiers postes d’exportation correspondent branche par branche aux quatre d’importations : articles manufacturés (57,% dans les importations , 44 % dans les exportations),produits pétroliers (respectivement 29,9 % et 25,5 %), produits alimentaires (21,5 % vs 12,6 %) et les matières premières (3,4 % vs 2,6 %). En 2024, en résumé, le volume d’échanges de la Grèce s’élevait à 134,8 milliards d’euros dont 84,8 pour les importations et 49,9 pour les exportations. Quasiment tous les postes sont déficitaires à l’exception des produits alimentaires, principalement grâce aux huiles et graisses animales ou végétales – essentiellement l’huile d’olive (+638,2 milliards d’euros), ainsi qu’aux boissons et au tabac (+356 milliards d’euros). Le déficit en articles manufacturés représente quasiment 80 % du total (-27,1 milliards d’euros). Si l’on regarde les fournisseurs en 2024, l’Allemagne demeure le premier fournisseur de la Grèce (10,7 % de part de marché). Elle y vend en premier lieu des véhicules automobiles (1,3 milliards d’euros). Vient ensuite l’Italie (8,8 % de part de marché), la Chine (8,2 %) puis l’Irak (5,9 %) , premier fournisseur d’hydrocarbures, et les Pays-Bas (5,7 %). La France est donc septième, derrière le Kazakhstan (fournisseur d’hydrocarbures) et devant la Turquie. Le premier poste tricolore est représenté par les produits pharmaceutiques (466,2 millions d’euros, + 4,9 %), avant les véhicules automobiles (410 millions d’euros). Nos ventes ont augmenté de 6,8 % en 2024.



