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L’open space en question

Quel espace de travail pour les collaborateurs ? Celui où ils se sentent le mieux et où ils s’avèrent les plus efficaces. Steelcase, entreprise mondiale spécialisée dans la conception de l’espace tertiaire, a mené une intéressante enquête dans neuf pays et auprès de 5500 salariés, qui permet de réaliser un état des lieux à l’instant T.

Le premier constat dressé par les analystes de l’étude est plutôt triste : les salariés français se rendent en premier lieu à leur bureau par obligation. Fort heureusement, la collaboration (34 %), et le lien social qui va avec, viennent juste derrière, devant la concentration (23 %) et effectivement le sentiment d’appartenance (18 %). Cela étant, les salariés passeraient en moyenne deux tiers de leurs journées à travailler seuls. Et ils se déclarent insatisfaits - pour 40 % d’entre eux de l’accès à des espaces disponibles pour se concentrer avec des collègues. C’est que 54 % n’ont pas d’espace individuel fermé.

Les enquêteurs notent que la satisfaction au travail, telle que mesurée par l’étude, double lorsqu’ils en bénéficient. Le bienêtre au travail, on en parle beaucoup. Il améliorerait de 26 % la satisfaction du salarié.

Les open space en question

La tranquillité et la confidentialité sont compliquées à obtenir en espace ouvert. Les déficits sont principalement acoustiques (50 %), visuel (48 %) et territorial (40 %). Steelcase a testé l’hypothèse de l’accès à une diversité d’espaces. Seuls 37 % des salariés dans le monde y ont accès. Pourtant, c’est un fort levier d’amélioration des performances, selon l’étude.

Quid de l’impact de l’IA ? 78 % des dirigeants américains estiment que son expansion entraînera une refonte significative des bureaux dans les prochaines années. Curieusement, près de 40 % des utilisateurs de l’IA indiquent que cela a intensifié leurs interactions avec leurs collègues. Quoi qu’il en soit, ces nouvelles pratiques amèneront à repenser les espaces de travail. Steelcase préconise des espaces autour de trois axes. : lieux de concentration, de collaboration flexible, enfin de socialisation et de récupération pour pallier les longueurs du tête-à-tête avec les écrans.

Espagne-France : une interpénétration économique croissante

Les lauréats 2025 des prix de la Cocef valorisant les échanges économiques Franco-Espagnols

La Cocef organisait le 4 décembre dernier son traditionnel dîner gala annuel. 250 personnes appartenant à la communauté d’affaires franco-espagnole y participaient, ce qui, selon les organisateurs, s’avère un record. Les échanges entre les participants au cocktail furent nourris et permirent à des acteurs espagnols qui envisagent de s’implanter en France de se présenter. C’était le cas, en particulier, d’une PME spécialisée dans la haute technologie, installée à Barcelone et Madrid.

La soirée bénéficiait de la présence de l’ambassadeur d’Espagne en France, Victorio Redondo Baldrich, et de son homologue française dans le Royaume voisin, Kareen Rispal, qui prononcèrent des discours valorisant l’importance des échanges entre nos deux pays. Christine Allard, présidente de la Cocef, en fit de même, y ajoutant des éléments propres aux actions de la Chambre, en particulier en matière de formation. Comme chaque année, des prix furent remis à des entreprises ou à des personnalités françaises et espagnoles, synonymes de réussite dans leurs pays d’adoption et de l’interpénétration de nos économies.Le prix de l’entreprise espagnole de l’année fut attribué au producteur de vins Bodegas Marqués de Cáceres, dont la présidente évoqua la forte expansion, en dépit d’un marché global qui tend à se restreindre. Sa firme réalise plus de 50% de ses ventes à l’export, cela dans 135 pays.

Le prix de l’entreprise française de l’année fut attribué à Paprec, acteur bien connu quoique finalement assez récent (fondé en 1993) du recyclage, de la gestion des déchets et de l’énergie verte. Elle s’est fortement implantée en Espagne - particulièrement en Catalogne et y compte 2500 collaborateurs. Le prix de l’investissement espagnol en France revint à la jeune PME « transpyrénéenne » Pangea Propulsion, installée à Barcelone et à Toulouse. Elle exerce son activité dans le secteur spatial.

Changement de dimension avec ID Logistics, un mastodonte – néanmoins familial – qui compte 40 000 collaborateurs, et qui prévoit de forts investissements en 2026 outre-Pyrénées, particulièrement dans le domaine de la logistique en matière de pharmacie. Passons aux personnalités. Federico J. González, qui se revendique « citoyen du monde » fut honoré du titre de « personnalité espagnole de l’année ». Il est actuellement président de Radisson et du groupe des Hôtels du Louvre. Côté tricolore, c’est Gwenola Chambon, présidente de la société de gestion d’actifs Infrastructure Partners, qui fut honorée du titre de « personnalité française de l’année ».

Quant aux Trophées RSE, ils furent attribués à Fnac Darty, en la personne de Enrique Martinez, son PDG, pour les efforts du groupe afin de donner une seconde vie au produit, à travers des dispositifs adéquats, ainsi qu’à l’entreprise espagnole Coleo, implantée aussi à Toulouse, qui oeuvre dans le domaine du recyclage du textile. Les parrains de la soirée étaient Banc Santander, Banco Sabadell, BBVA, Caixa Bank, Telefónica - principal sponsor, et Casa Padel. Conquérir était partenaire média de l’événement.

Go Entrepreneurs : la soif d’entreprendre toujours là

Go Entrepreneurs Paris, désormais organisé par Ebra Events, branche événementielle du grand groupe de presse, a accueilli une fois encore les 15 et 16 avril derniers à l’Arena La Défense, un nombreux public, dont la soif d’entreprendre était parfaitement palpable. Notre conférence intitulée « Le digital et l’IA bousculent-ils complètement la donne de la prospection commerciale et de la fidélisation des clients ? ».

L’IA renforce le potentiel commercial

Les intervenants ont insisté sur l’importance des outils digitaux, notamment pour l’envoi d’e-mails ciblés à partir de bases de données qualifiées. A cet égard, Pouey utilise Hubspot. L’intelligence artificielle apparaît comme un levier majeur, permettant d’analyser les données, de suivre le comportement des prospects et d’optimiser les actions commerciales. Elle contribue ainsi à un gain de temps considérable pour les équipes commerciales, qui peuvent se concentrer davantage sur des tâches à forte valeur ajoutée.

L’IA a donc été le fil rouge de la discussion. En résumé, l’IA va, selon les intervenants, nous aider à mieux préparer nos actions commerciales, par exemple à travers des outils permettant aux commerciaux de mieux construire leurs argumentaires ou de mieux identifier les outils à privilégier. L’IA facilite aussi l’enrichissement des fichiers de prospection, par exemple avec un outil traquant les numéros de téléphone sur Google, les réseaux sociaux…

D'autre part, les réseaux sociaux, comme Instagram ou LinkedIn, jouent un rôle clé dans la communication et la visibilité des entreprises.

Téléphone et digital

Cependant, malgré la montée en puissance du digital, le téléphone reste un outil essentiel dans la démarche commerciale. La prospection téléphonique permet un contact direct et humain avec le prospect, basé sur une approche plus relationnelle. Franck Lemoine insiste sur cet aspect en rappelant l’importance de la dimension humaine dans la relation commerciale. William Edel ajoute qu’un appel bien préparé, avec un message clair et adapté à l’interlocuteur, peut faire toute la différence. Ne pas utiliser ce levier peut représenter un manque à gagner important, « 100 % des gagnants ont tenté leur chance », appuie-t-il. Enfin, il a été rappelé que la prospection repose sur une combinaison de plusieurs actions : e-mails, appels téléphoniques et rencontres en face à face. Le courage, la préparation et la pertinence du message sont des éléments clés pour réussir à capter l’attention et convertir les prospects en clients.

La visioconférence n’exclut pas le présentiel

Concernant les réunions clients, chez Wagram Voyages, William Edel explique que 90 à 95 % de ses rendez-vous sont réalisés en visioconférence, ce qui lui permet d’organiser deux à trois réunions dans la matinée. Il souligne que ce format est plus exigeant qu’un rendez-vous en présentiel, même si les déplacements physiques permettent parfois de sécuriser davantage la relation commerciale dès le départ. Chez Pouey, qui vise principalement une cible de TPE/PME, son métier spécifique stimule la nécessité de rencontrer les clients ou prospects en face à face.

Autour d’Alain Gazo, directeur de la rédaction de Conquérir.

  • William Edel, PGD de Wagram Voyages. Entrepreneur depuis 25 ans, il est à la tête d’un groupe familial comprenant deux entités.
  • Franck Lemoine, directeur commercial et marketing, Pouey International. Société fondée il y a 140 ans.

Concernant la mise en place d’un CRM, plusieurs conseils ont été fournis. William Edel insiste sur l’importance d’utiliser des outils adaptés, en parlant de notamment de Hubspot et de Zoho, comme élément clé dans l’organisation et le suivi commercial. Pour terminer, en matière de fidélisation client, Franck Lemoine souligne l’importance de l’écoute active du client. William Edel partage ce point de vue et ajoute que la fidélisation est essentielle pour éviter la perte de clients, alors qu’en recruter de nouveaux coûte très cher.

Télétravail et désengagement : un lien clair

SFL, spécialiste de l’immobilier tertiaire haut de gamme parisien, a fait réaliser par l’Ifop une étude sur les motivations d’engagement des salariés. Comme d’habitude, elle présente certains biais, de nature à aller dans le sens de l’intérêt du donneur d’ordre. Néanmoins, on peut en tirer des enseignements intéressants.

Précisons tout d’abord que l’enquête a été menée « auprès d’un échantillon de 1303 salariés franciliens travaillant dans un bureau au sein d’entreprises comptant plus de 10 salariés, cela du 16 mai au 4 juin 2025 ». Les statisticiens ont divisé l’échantillon en trois groupes, après une analyse de contenu préalable : les super-engagés (38% du total), les neutres (40%) et les désengagés (22%).

Cinq variables ont été mesurées à chaque fois : l’auto-évaluation de leur niveau d’engagement au travail, leur motivation, l’attachement à leur entreprise, l’importance pour eux de la réussite de cette dernière, trouver normal « de fournir davantage d’efforts que ne l’exige son poste ». On l’a dit, l’étude est forcément pro domo, mais les résultats constatés correspondent à ce à quoi on pouvait s’attendre concernant les désengagés.44% des salariés qui souhaitent quatre à cinq jours de télétravail hebdomadaire sont des désengagés, 14,5% d’entre eux seulement ne veulent qu’un jour de télétravail au plus. Certes, 46% se déclarent plus efficaces en télétravail mais ils sont, à forte proportion, complètement déconnectés de leurs collègues et du coup « se retrouvent isolés au sein de leur entreprise ». Ils participent rarement à des activités communes, à commencer par le partage de moments de convivialité, du type boire un verre après le travail - 52% le font rarement ou jamais.

Des désengagés par essence

Sont-ils désengagés du fait du télétravail ou le sont-ils de base ? Toujours est-il que cela a des conséquences : 71% d’entre sont des détracteurs de leur employeur et 42% projettent de le quitter dans les deux ans. Peut-être que le patron n’y perdrait rien ! Cela dit, il n’est pas souvent facile de recruter, on a intérêt à faire attention.

Voyons le côté des super-engagés maintenant. Selon l’étude, leur attention proviendrait d’abord d’un bon relationnel avec leur manager qui sait par exemple les féliciter, reconnaît leur droit à l’erreur, s’avèrent consultés avant qu’une décision soit prise… Mais, voilà, c’est sûrement parce qu’ils sont moins en télétravail, lequel crée fatalement une distance. Dès lors, l’augmentation potentielle de salaire en changeant d’employeur a moins d’impact sur ces super-engagés jusqu’à un certain point bien sûr. 23% des super- engagés - c’est quand même beaucoup ‒ seraient prêt à quitter leur entreprise pour 5% de hausse salariale contre 43% chez les désengagés.

Le cloud sous observation

Konica Minolta publiait récemment la 4e édition de son Baromètre de la sérénité numérique, réalisé avec l’Institut Occurrence (Groupe Ifop). Cette étude, menée auprès de « 500 entreprises françaises », se propose de mettre en lumière une lecture systémique du rapport entre les entreprises à la transformation numérique, que ce soient les TPE/PME, les ETI ou les plus grandes, de tous secteurs d’activité.

Qui dit sérénité dit accent mis sur l’absence de craintes. Le titre du baromètre induit quelque peu les résultats. Ainsi, par rapport à l’IA, et contrairement à d’autres études, certes peutêtre dans des environnements distincts, les analystes de l’enquête évoquent un stress très faible face à elle, accompagné d’une « adoption rapide, confiante, mais encore peu gouvernée », adoption pour 41 % des PME et 62 % des ETI.

Plus généralement, si elles semblent sereines face à la transformation numérique dans son ensemble, leur organisation pour y faire face est pointée négativement du doigt par les mêmes analystes, puisque 70 % des interrogés n’afficheraient pas de stratégie formalisée. C’est évidemment particulièrement notable dans les PME, par exemple en matière de sécurité (63 % de PME qui en ont une contre 94 % des ETI).

Les enquêteurs ont également sondé les dirigeants d’entreprises sur leur préparation à la facturation électronique. C’est clairement une priorité pour 56 % des répondants. Cependant, leur niveau d’anticipation semble demeurer encore bien faible. Autre sujet abordé, celui du cloud. Là encore, contrairement à nos propres enquêtes de terrain, certes moins exhaustives, l’adoption du cloud se stabiliserait à 63 %. Néanmoins, le problème de la dépendance aux prestataires apparaît en forte hausse, à 51 %. Quant aux critères de souveraineté, ils progressent, par exemple quant au stockage en France (38 % des répondants l’indiquent comme un critère déterminant).

Les commentateurs de l’étude estiment que les entreprises ne mettraient pas en cause le cloud, mais chercheraient à « en reprendre le contrôle, en privilégiant des partenaires de confiance et des infrastructures souveraines ». Jonathan Leyva, président-directeur général de Konica Minolta Business Solutions France, déclare : « Le Baromètre Konica Minolta de la sérénité numérique 2026 révèle une situation contrastée. Alors que l’essor de l’IA, l’échéance de la facturation électronique et le renforcement des exigences cyber reconfigurent les priorités numériques, les entreprises continuent d’afficher une sérénité élevée. Une confiance qui contraste pourtant avec des fragilités durables et un décalage croissant entre perception et réalité. »

Go Entrepreneurs Lyon : des interrogations sur l’IA

Toujours de nombreux visiteurs à Go Entrepreneurw Lyon en attente de conseils.


Go Entrepreneurs Lyon - Auvergne-Rhône-Alpes, désormais organisé par Ebra Events, s’est déroulé le 25 septembre dernier dans la capitale des Gaules.
Comme d’habitude, les visiteurs furent nombreux, 10650 selon les organisateurs, et recherchaient souvent des solutions « miracle » pour réussir.

Les pitchs et consultations rapides d’experts- comptables et autres conseillers ont, comme les années précédentes, connu l’affluence. Nous avions l’impression, comme les années précédentes, que les jeunes étaient nombreux, sans doute davantage qu’à Go Entrepreneurs Paris. C’était en tout cas clairement le cas dans notre assistance d’une centaine de personnes, la plupart dans une perspective de création, lors de notre conférence sur le thème « L’IA et le digital changent-ils fondamentalement la donne dans le développement commercial et la fidélisation des clients ? ».

« Et le site Web ? », lance alors Alain Gazo. C’est un vecteur essentiel, l’adresse principale finalement de l’entreprise. Les outils actuels, dont l’IA, facilitent l’utilisation des données et l’interaction avec les visiteurs, l’envoi automatisé de newsletters, le partage de calendrier… « Le site web est indispensable, particulièrement dans les secteurs du B2B ou du B2B2C comme les nôtres, complète Sébastien Arcos, mais il faut le rendre évolutif, intégrer les nouvelles fonctionnalités qui s’imposent et le réadapter a minima tous les cinq ans ». D’autant que, en ce qui concerne Eklya, les visiteurs appartiennent à des catégories bien distinctes : les jeunes, les parents et les entreprises. Il convient de s’adresser à chacun de ces publics d’une manière appropriée.Tout cela fait beaucoup de données à compiler et à traiter. « Comment faire ? » demande Alain Gazo. Jean-Michel Armand, éditeur de CRM, admet qu’Excel peut paraître suffisant au début, mais un CRM est assez rapidement indispensable, en particulier pour partager plus facilement ses données en interne. Cela n’est pas forcément très onéreux et même gratuit pour les CRM les plus simples, en tout cas au démarrage. « Le CRM est un outil très important pour nous, analyse Sébastien Arcos, car il nous permet de scénariser nos campagnes commerciales qui s’étalent sur douze mois glissants à partir de septembre avec des messages différents vis-à-vis de notre public ciblé. Bien entendu, il faut faire vivre ce CRM et investir constamment dessus, en intégrant de nouveaux modules, souvent tous les trois à six mois ». Ce qui suppose un investissement conséquent.

Et finalement en quoi l’IA peut-elle nous aider ? « Sans doute, elle nous fait gagner du temps pour la prospection à proprement parler », estime en substance Jean-Michel Armand. Il signale l’intérêt, selon lui, de Chat GPT au quotidien, notamment pour la rédaction d’e-mails efficaces ou la réalisation de résumés. Cependant, « si elle nous aide beaucoup, elle ne nous remplace pas », souligne-t-il sur ce point. Sébastien Arcos veut croire de son côté que la valeur ajoutée humaine restera irremplaçable d’autant que c’est nous qui alimentons l’IA ! Alors, il plaide pour trouver de véritables contacts humains, « non robotisés », glisse Jean-Michel Armand, pourquoi pas à travers la participation à des salons professionnels. Cela facilitera du reste la fidélisation des futurs clients qui ont souvent du mal à quitter les fournisseurs avec lesquels ils s’entendent bien, rebondit Alain Gazo. « Il faut d’abord bien faire son travail, afin que nos clients soient satisfaits et qu’ils deviennent prescripteurs », conclut Sébastien Arcos.

Transport ferré : la concurrence prend son essor


L’activité ferroviaire se porte bien, pendant les mois d’été mais pas seulement. Nous parlons d’activité ferroviaire car la concurrence à la SNCF se développe, dans les TER, mais aussi progressivement dans les lignes à grande vitesse. De ce point de vue, Trenitalia est un précurseur et la compagnie italienne a nettement augmenté son offre en 2025 sur l’axe rhôdanien. Ses ambitions ne s’arrêtent pas là. Nous avons rencontré son directeur général France, Marco Caposciutti, pour en parler.

Marco Caposciutti se réjouit d’avoir transporté en 2025 1,8 million de passagers en France. La progression de sa compagnie l’an dernier a représenté, nous dit-il, 30% de la croissance totale du marché français, ce qui est important puisque Trenitalia ne couvre évidemment pas toutes les lignes à grande vitesse. Le directeur général est satisfait puisque l’objectif de Trenitalia est avant tout de faire gagner des parts de marché au train, ce qui lui profite aussi bien entendu. A côté de sa ligne historique Paris-Milan, (deux allers-retours quotidiens), Trenitalia s’est installée sur Paris–Lyon il y a trois ans et a augmenté son offre progressivement pour la passer à quatorze services aller-retour, certains des trains allant plus loin que Lyon, en particulier à Marseille, reliée depuis juin dernier par quatre allers et retours quotidiens.

Les ambitions de Trenitalia ne s’arrêtent pas là. Après une consolidation jusqu’en 2029, viendra ensuite l’ouverture d’une liaison Paris-Londres. Dix rames supplémentaires s’ajouteront alors aux neuf assurant les liaisons actuelles. Cela nécessite des investissements considérables : selon la compagnie 80 millions d’euros pour la construction d’un centre de maintenance en France , sans compter les sommes correspondant à l’achat des nouvelles rames.

Trenitalia France s’est allié au fonds d’investissement Certares pour favoriser son expansion. Certares est spécialisé dans le monde du transport et du voyage. De quoi favoriser aussi une distribution plus large de son offre.

MICE : le retour en grâce !

Après les années Covid, le retour en grâce du MICE a pris plus de temps que celui du tourisme et du voyage professionnel stricto sensu. Depuis l’an dernier, l’incentive ou tout simplement les meetings comportant un caractère ludique reprennent clairement. Certaines destinations phare ou qui souhaitent le devenir ont un plan d’action pour se développer, en parallèle du reste de tentatives de montée en gamme des prestations offertes aux visiteurs. C’est ainsi que la République Dominicaine a mis « pleins phares » sur le salon IFTM, qui s’est tenu du 23 au 25 septembre dernier à Paris. Elle était le pays à l’honneur, avec une véritable visibilité exceptionnelle sur l’événement.

Plusieurs régions françaises faisaient valoir l’attrait de leurs territoires. Il nous a semblé qu’elles étaient moins nombreuses ou moins visibles que les années antérieures. Des régions du continent et des régions d’outre-mer.

A cet égard – et c’était une première – Saint-Pierreet- Miquelon figurait parmi elles.

Selon Mathieu Delamaire, responsable de la promotion, il s’agit d’anticiper l’arrivée de nouvelles disponibilités hôtelières dans l’archipel à échéance assez brève.

Actuellement, il compterait 15 000 visiteurs par an, principalement en provenance du Canada tout proche, mais aussi des Etats-Unis et bien entendu aussi de métropole. De ce point de vue, nous dit en souriant Mathieu Delamaire, la proposition récente et controversée d’un leader politique, a suscité un regain d’intérêt pour cette destination « nature » et dépaysante par excellence.

En haute-saison (de mi-mai à mi-septembre) un vol direct est opéré vers Saint-Pierre et d’une manière continue, l’accès est possible avec une escale à Saint-Jean (Province de Terre-Neuve et du Labrador).

Après ces évocations ludiques, venons-en aux déplacements à caractère plus précisément professionnel. Qu’en est-il de leur évolution ? Michel Dieleman, président de l’AFTM, dont les conférences organisées par son association sur le salon ont connu une belle affluence, remarque une tendance à une hausse modérée dans les premiers mois de l’année. Qu’en est-il désormais ?

Les incertitudes géopolitiques et économiques vont-elles peser sur les voyages d’affaires ? Nous avons interrogé à ce sujet Patricia Morosini, directrice de Selectour Affaires, évidemment bien placée pour nous donner une tendance, compte-tenu de l’ampleur de cet important réseau coopératif. Elle constate « un marché du voyage d’affaires très stable en 2025, après trois très belles années ». Stabilité, voire légère baisse, reprend-elle, tandis que sur le tourisme, elle remarque une petite hausse. Dans ce contexte, le train progresse encore, commente-t-elle. Ce que confirme Philippe Maria, directeur des ventes entreprises de SNCF Voyageurs, qui met en avant le chiffre record de « 32 millions de visiteurs transportés en juillet-août », ainsi que le dynamisme du marché des professionnels, grâce « à une vraie attractivité pour le train », favorisée par « des politiques RSE plus agressives ». Cela, alors que les grands groupes sont toujours à la recherche « d’une optimisation des frais généraux », nous glisset- il en substance. La bonne tenue du transport ferré est également en partie dûe à l’augmentation de l’offre puisque aussi bien Trenitalia renforce notablement son dispositif avec bientôt quatorze allers-retours sur Paris-Lyon, un axe essentiel pour le business. La compagnie italienne opère également désormais jusqu’à Marseille, en passant par Avignon et Aix.

Une gestion surveillée de près

Gérer les budgets voyages et les achats, cela se fait souvent à travers des spécialistes, ou des plates-formes aujourd’hui. Chaque année amène son lot de nouveaux acteurs dans ce domaine.

« Du digital, nous en faisons depuis longtemps chez Selectour Affaires, tempère Patricia Morosini. 85% des réservations se font en ligne, énonce-t-elle, et cette part tend à augmenter, car les clients attendent de l’autonomie pour réserver et échanger leurs billets ». A cet égard, souligne-t-elle, des aménagements ont été effectués sur les outils mis en place avec son partenaire KDS, pour procéder plus facilement à l’échange des billets SNCF. Pour les PME, un autre outil est utilisé - Izirez. Le digital ne fait cependant pas tout. Certains voyageurs VIP n’y adhèrent pas. De plus, les voyages complexes nécessitent l’appui de conseillers spécialisés. Et puis, il y a la question de la sécurité. Les entreprises souhaitent que leurs collaborateurs ne réservent pas par eux-mêmes hors des outils prévus, pour les retrouver facilement en cas de difficulté. A cet égard, la plate-forme 24/24 de Selectour peut rendre de grands services. Pour les problèmes majeurs, Selectour a passé un partenariat avec International SOS. Afin d’éviter les réservations individuelles, Selectour Affaires veille « à faire rentrer le maximum d’offres dans son outil », en particulier les contenus NDC » de sorte à éviter certaines surcharges des compagnies aériennes. Le tout pour proposer des meilleurs prix, bien entendu aussi.

A côté des agences de voyages historiques et des nouveaux arrivants digitaux, on notera la présence sur le salon d’acteurs spécialisés dans la vente de parcours ferrés, à savoir Trainline, et cette année pour la première fois SNCF Connect. Cédric Vandenbrouck, son directeur des ventes, évoquait la volonté de proposer l’achat de parcours de bout en bout (du bus, du métro ou d’Uber jusqu’au train ou au car).

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