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France : les chefs d’entreprises loin du farniente
Les dirigeants de PME françaises privilégient la croissance de leur clientèle (30 %), et la génération de revenus (26,7 %), bien avant l’équilibre vie personnelle/ vie professionnelle (16,4 %). C’est un des résultats intéressants de l’étude réalisée pour la fintech internationale SumUp, réalisée dans notre pays, ainsi que, à titre comparatif, en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Italie et en Irlande.
Il s’agissait de « décrypter […] Les priorités, ambitions et aspirations des PME européennes » et de savoir quelles sont leurs moteurs pour y parvenir. Nous avons indiqué supra que les dirigeants de PME européennes du panel avaient du point de vue de leur positionnement quant à l’équilibre vie professionnelle/vie professionnelle un comportement similaire au nôtre.Qu’en est-il précisément des vacances ? Si les salariés ont de plus en plus de jours de congé (y compris des RTT), les patrons partent beaucoup moins et moins longtemps.En France, 27,9 % prennent entre trois et quatre semaines de vacances chaque année et 24,3 % seulement une à deux semaines. 13,6 % se la « coulent douce », énonçant un à deux mois de congé, comme leurs homologues allemands. En revanche 35,5 % des Allemands et 38,2 % des Italiens font part de vacances de un à deux mois. Quid du rituel du déjeuner, une tradition qui a tendance à se perdre selon les modalités d’antan ? 34,2 % déclarent une pause de 30 à 60 minutes, à peu près comme en Italie (30,1 %). Un quart de nos compatriotes interrogés font plus court (15 à 30 minutes seulement) et 15,2 % de nos compatriotes dirigeants à l’ancienne, consacrent plus d’une heure à leur repas de midi. Les Allemands et surtout les Britanniques - c’est attendu, déjeunent plutôt « sur le pouce ». Seuls 4,9 % de nos voisins d’outre- Manche passent plus d’une heure à table le midi !
Éditorial
Conjoncture géopolitique complexe : contournez les difficultés !

Au moment où j’écris ces lignes, les perspectives du conflit au Moyen Orient semblent encore peu claires. Je crains que cela ne dure encore longtemps. Comme on ne peut pas y faire grand-chose, il convient de nous adapter à ses conséquences, sans pour autant jeter le bébé avec l’eau du bain.
C’est-à-dire que l’on ne doit pas tout bousculer sans réflexion de long terme, qui fasse abstraction de ce problème a priori ponctuel, car il gêne de nombreux pays. C’est pourquoi la réaction prudente à la hausse des prix des carburants m’a semblé de bon aloi. On prend des mesures d’accompagnement de durée limitée en faveur des professionnels les plus durement touchés en attendant de voir ce qui se passe.
Au demeurant, les agents économiques s’adaptent spontanément. Les ventes de carburant ont ainsi notablement reculé depuis la montée des cours du pétrole et ils repartiront à la baisse lorsque le conflit s’apaisera, de même façon que le tourisme avait rebondi de manière spectaculaire après l’épidémie de covid.
Le gouvernement a cependant accentué les mesures favorables au véhicule électrique. La gestion des parcs automobiles en est impactée et la poussée des véhicules électriques et hybrides s’y accentue. Tout n’est pourtant pas toujours idyllique, d’autant que l’analyse des taxes pesant sur les flottes est complexe. Notre table-ronde annuelle, dont vous trouverez le compte rendu dans le présent numéro, apporte des enseignements intéressants à cet égard. Plus que jamais, la donnée est au centre des enjeux et l’IA nous y aide.
Une perte massive d’emplois redoutée
L’IA facilite aussi de nombreuses tâches de préparation à la prospection, comme nous l’ont démontré les participants à la dernière conférence sur le salon Go Entrepreneurs de Paris. L’IA fait monter la Bourse aux Etats-Unis. Ses perspectives sont ahurissantes. En même temps, elle fait un peu peur, comme le concèdent de nombreux dirigeants et concitoyens en général. On craint une perte d’emploi massive dans les métiers de bureau.
Quoi qu’il en soit, pour le moment, le chômage est relativement stable et la croissance quasi-nulle. Une éventuelle résolution du conflit au Moyen Orient, qui risque du reste de n’être que temporaire, ne nous ramènerait au mieux qu’au statu quo ante, légèrement dégradé cependant. Plus que jamais, nous devons, nous dirigeants d’entreprises, faire preuve de beaucoup d’imagination pour trouver de nouvelles pistes de développement, y compris dans les métiers relativement traditionnels. Bien entendu, trouver de nouveaux marchés hors de nos frontières peut être une option. Pourquoi pas la Roumanie évoquée dans cette édition.
Tout dépend, bien sûr, de votre secteur d’activité.
Alain Gazo
Directeur de la rédaction
Selectour : sensibiliser les partenaires à une démarche RSE
Selectour est un réseau coopératif regroupant environ 1 000 agences de voyages, dont 270 spécialisées dans le voyage d’affaires. Ce réseau est le plus ancien et le plus dense en nombre de points de vente en France. Alors que la dimension RSE prend de l’importance en matière de déplacements professionnels, Selectour a mis en place une initiative intéressante dans ce cadre. Nous avons interrogé à ce propos Guillaume de Gouttes, son directeur des achats.
Guillaume de Gouttes a la charge de la négociation, de la contractualisation et de l’animation des contrats. Dans ce cadre, il travaille avec Havas Voyages au sein du GIE ASHA. Lequel permet en particulier de mutualiser un certain nombre de services. Et une démarche en matière de RSE en est ressortie. Concrètement, comment s’est-elle traduite ? En 2024, un questionnaire RSE a été communiqué aux partenaires et fournisseurs de Selectour « ayant plutôt le profil d’opérateurs de voyages d’affaires », explique Guillaume de Gouttes. « Nos agences sont challengées par les entreprises clientes pour adopter elles-mêmes une démarche RSE et aussi pour qu’elles sélectionnent des prestataires qui sont impliqués dans cette dynamique », complète le directeur des achats de Selectour.
« Nous avons choisi, pour bâtir le questionnaire, une société reconnue en la matière, Positive Company, à même de labelliser avec nous les prestataires dont le profil serait reconnu pertinent sur le plan environnemental, mais aussi social et sociétal », explicite Guillaume de Gouttes.
Une cinquantaine de fournisseurs du réseau Selectour ont été consultés sur des questions très précises.
Voyages d’affaires, tourisme et incentive en hausse
Après une année 2023 exceptionnelle en matière de tourisme, 2024 est marquée par une relative stabilité globale, tandis que le voyage d’affaires et l’incentive reviennent à des niveaux d’avant-covid. Naturellement, avec des évolutions.
Le salon IFTM, dont nous sommes partenaires, et qui s’est déroulé du 17 au 19 septembre derniers Porte de Versailles à Paris, a permis aux acteurs du tourisme, du voyage et du déplacement professionnel de faire le point au travers d’échanges sur les stands, en assistant aussi à des conférences.
La sécurité des voyageurs et la RSE au centre des préoccupations
Le voyage d’affaires, qui avait repris plus lentement, tendait à revenir au niveau de 2019. L’année 2024 a cependant été contrastée, car le phénomène des JO a fortement impacté les déplacements professionnels de juin à début septembre, avant désormais un rebond qui s’annonce fort, selon les interlocuteurs que nous avons rencontrés, comme Patricia Morosini, directrice de Selectour Affaires. « Nous assistons à un rattrapage », note-t-elle, de même que par exemple Philippe Maria, directeur du marché entreprises SNCF Voyageurs. Que demandent les entreprises dans ce contexte ? Selon le consensus des spécialistes rencontrés, ce sont une performance achat dans un contexte toujours inflationniste, surtout du côté des hôtels, une performance RSE également et la sécurité des voyageurs. Cette préoccupation pour la sécurité des collaborateurs en déplacement, Patricia Morosini l’observe. « Les responsables veulent savoir où sont les collaborateurs en cas de danger, ou tout simplement par tranquillité d’esprit », relève-t-elle en substance. Et pour cela, il est indispensable de pouvoir les contacter s’il y a urgence.
« Selectour Affaires dispose d’une cellule H24 pour gérer les situations d’urgence ou par exemple pour que le voyageur puisse changer à tout moment son billet sans avance de frais », souligne Patricia Morosini.
C’est pourquoi il est nécessaire que les réservations s’effectuent de manière centralisée et dans un outil accessible aux collaborateurs des agences de Selectour Affaires. L’ennui, c’est que cette centralisation nécessaire est battue partiellement en brèche par l’impossibilité récurrente d’agréger tous les contenus, par exemple ceux relatifs à des nouveaux opérateurs. Ce fut le cas avec Ouigo, ou naguère avec les compagnies low cost.
Afin d’éviter que les voyageurs ne réservent directement, une plate-forme de réservation de Selectour Affaires, regroupant l’ensemble des contenus disponibles est en cours d’implémentation. Récemment, British Airways, Air France et Lufthansa y sont entrés, avec les tarifs NDC et évidemment tels que négociés. La cellule H24 a été mise en place alors que les frais de transaction ont été réduits à 1,5 % en moyenne et que le off-line peut être effectivement très utile. Cependant, désormais le on-line représente environ 70 % du volume des transactions, remarque la directrice de Selectour Affaires.
« Le off-line est indispensable, note aussi Grégory Baumann, directeur général de Havas Voyages, même si cela ne représente parfois que 5 % des actions, cela fait la différence avec de nouveaux acteurs purement digitaux ». Des acteurs « pure player », particulièrement nombreux sur l’espace affaires du salon.
Jean-Christophe Fromantin, maire de Neuilly-sur-Seine : renforcer et développer l’attractivité des villes moyennes
Jean-Christophe Fromantin est maire de Neuilly sur Seine depuis 2008 et vice-président du conseil du département des Hautsde- Seine en charge des infrastructures. Au-delà de ses mandats franciliens, il porte des réflexions sur le déséquilibre territorial de la France et sur les solutions qui pourraient être envisagées pour résoudre ce problème. Il est également doctorant à IAE Paris-Sorbonne où il interroge le modèle des quartiers d’affaires. Ses idées, ancrées dans ses contacts réguliers et profonds avec les maires des « territoires », tranchent par rapport au consensus ambiant. Nous l’avons rencontré et lui avons posé quelques questions pour en savoir plus.
Conquérir : Quel constat faites-vous de la situation aujourd’hui en termes d’équilibre territorial ?
Jean-Christophe Fromantin : L’absence de stratégie territoriale et de politique d’aménagement du territoire a créé un véritable déséquilibre territorial en France. Des villes débordent, d’autres se vident avec des problématiques de logement insolubles. Une doxa métropolitaine, mal appréhendée, nous a fait perdre beaucoup de temps et prive la France d’un potentiel de développement. Les Français sont majoritairement demandeurs d’une amélioration de leur cadre de vie. Ce constat est d’autant plus inquiétant qu’une recentralisation forte freine de plus en plus les initiatives locales et régionales. Je pense en particulier à la perte d’indépendance fiscale des collectivités.
Conquérir : Vous préconisez à la fois une plus grande décentralisation et un retour à la planification, abandonnée à la suite de la suppression de la Datar. N’est-ce pas contradictoire ?
Jean-Christophe Fromantin : L’urbanisme et l’aménagement du territoire s’inscrivent traditionnellement dans des systèmes organisés. La distribution des services publics, les moyens de transport, les investissements ou les infrastructures ne peuvent pas s’improviser. Ils répondent d’une organisation claire et cohérente. Pour mener des politiques efficaces, nous avons besoin d’un schéma prospectif national avec une forte visibilité. Une décentralisation, pour être opérationnelle, s’inscrit évidemment dans un cadre stratégique qui soit à la fois stable et vers lequel convergent les composantes de l’action publique. Quand nous sommes à la tête d’une commune, d’un département ou d’une région, il est utile de connaître la stratégie territoriale de l’Etat afin d’inscrire nos politiques publiques dans un environnement qui n’est pas remis en cause à chaque arbitrage budgétaire. C’est à cette condition que nous pouvons investir durablement. Si nous investissons dans une école et qu’une maternité ferme, tout le monde est perdant.
Conquérir : On veut aujourd’hui densifier davantage les zones déjà urbanisées afin d’éviter l’artificialisation de nouveaux sols. Vous proposez une alternative à ce schéma, avec une attention particulière portée aux villes moyennes. Pourriez-vous nous préciser votre pensée à ce sujet ?
Jean-Christophe Fromantin : Je ne crois pas à un avenir polarisé autour de quelques métropoles. Je crois à un schéma plus équilibré qui concilie des lieux de vie à taille humaine et des métropoles dont la première vocation est d’être des espaces de rencontres et d’échanges. C’est la raison pour laquelle j’alerte sur l’enjeu des villes moyennes - qui sont les villes plébiscitées par les Français, et dans les innovations qui peuvent progressivement les doter d’un standard de services comparables aux grandes villes d’hier. Cette approche plus équilibrée entre les zones rurales, un semis de villes moyennes et quelques métropoles significatives aurait l’avantage de mieux répondre aux projets de vie des Français, de relancer une économie diversifiée, adossée à la diversité de nos atouts culturels et de nos avantages comparatifs, et d’offrir une perspective écologique plus apaisée…
Conquérir : …quels exemples concrets de ce modèle seraient illustratifs du bien-fondé de cette thèse ?
Jean-Christophe Fromantin : Le logement est un bon exemple. Il manque des centaines de milliers de logement en région parisienne alors que des logements sont disponibles dans des dizaines de villes moyennes dont le dynamisme, la qualité de vie et la proximité de grands centres urbains sont autant d’atouts. Pour autant, les incertitudes sur les politiques de santé ou d’éducation, mais aussi les errements des systèmes de transport dissuadent beaucoup de Français de faire le pas vers les villes moyennes. C’est aussi un handicap pour la relance industrielle de la France et pour les investissements. Notre économie a besoin de formations professionnelles et d’emplois. Or, beaucoup de PME régionales peinent à recruter car l’aménagement du territoire n’apporte pas les garanties d’un accès équitable aux services publics.
Propos recueillis par Alain Gazo
Go Entrepreneurs Lyon : beaucoup d’engouement
De g. à d. Bruno Doron, PDG, Bras Droit Des Dirigeants; Jean-Michel Armand, directeur général, Hybird; Alain Gazo, directeur de la rédaction, Conquérir.
Petit à petit, les salons professionnels retrouvent leur lustre de naguère et l’assistance revient à ses niveaux antérieurs. C’est le cas de Go Entrepreneurs Lyon, qui s’est déroulé le 26 septembre dernier à Lyon.
Relations commerciales : l’échange physique en hausse ?
Conquérir organisait comme chaque année sa conférence sur Go Entrepreneurs Lyon, après celle de Paris qui avait connu un grand succès en avril dernier. La question que nous avons posée à nos intervenants, Jean-Michel Armand, directeur général de Hybird et Bruno Doron, président de BDDD (Bras Droit Des Dirigeants) était cette fois : « Prospection et fidélisation des clients, les outils digitaux ont-ils complètement changé la donne ? ».
Il est évident que oui, la donne a changé. Mais complètement, ce serait inexact de l’affirmer. D’abord parce que certains points de passage incontournables demeurent intangibles.
Campagnes e-mailing, salons et rencontres physiques
« Voit-on davantage les prospects, clients et partenaires en 2024 ? », questionne Alain Gazo. Oui, répondent de concert nos deux intervenants. « C’est reparti, dit d’un ton allègre Jean-Michel Armand, cela n’empêche pas les visios, qui ont l’avantage par rapport au téléphone de donner un côté plus convivial ». Contacts sur les salons, prospection téléphonique, en physique… Quoi qu’il en soit, cela fait beaucoup de données à traiter. Bruno Doron conseille à nos participants de mettre en place un CRM, a minima un tableau Excel, cela dès le début. Que met-on dans ces tableaux ? Le plus de choses utiles possible, nous disent nos intervenants. Cela permet de répondre convenablement aux clients lorsqu’ils nous joignent et pourquoi pas, de leur passer un petit bonjour de temps en temps pour éviter qu’ils nous oublient. Enfin, à qui donner l’accès à la plate-forme ? Selon Jean-Michel Armand, à tous les collaborateurs, s’agissant d’une société de services.
Des maximes à la saveur américaine
Raphaël Hubin, grand admirateur du milliardaire américain Warren Buffet et de son associé de toujours, Charlie Munger, décédé en 2023, a décidé de publier « les meilleures citations depuis 1963 » des deux hommes d’affaires. Voilà une bonne idée car leurs réflexions sont souvent croustillantes, en particulier celles de Charlie Munger à la lecture du recueil, nommé « Berkshire Hathaway, 3 millions d’actionnaires heureux ».
« Le bon sens près de chez vous »
Pour commencer, quelques conseils de base. En premier lieu, celui de Charlie Munger, « Investissez dans une entreprise que n’importe quel imbécile peut diriger car, un jour un imbécile le fera […] » ou encore de même : « Nous avons toujours essayé de rester sains d’esprit quand d’autres, nombreux, sont devenus fous. C’est un avantage compétitif ». Et attention aux faux pas ! Warren Buffet propose : « Il faut vingt ans pour se bâtir une réputation et cinq minutes pour la ruiner […] ». Au contraire, on peut savoir tirer profit des erreurs des autres. Selon Charlie Munger, « si les gens ne se trompaient pas, nous ne serions pas aussi riches ». Du coup, on se fait des ennemis, c’est indéniable, mais reprenait-il encore : « c’est triste mais vrai, tout le monde ne m’aime pas », notait-il. Dès lors « […] il faut garder le contrôle des émotions irrationnelles. Il faut de la patience et de la discipline et une capacité à encaisser les pertes et l’adversité sans devenir fou […] ».
Et, tandis que le débat sur l’âge de départ à la retraite fait à nouveau rage en France et que Warren Buffet continue à diriger sa société à l’âge de 94 ans, ce mot savoureux de lui : « nous n’avons pas d’âge de départ à la retraite obligatoire pour les administrateurs de Berkshire et nous n’en aurons pas ». Cela, alors que Charlies Munger est décédé, toujours en activité, à l’âge de 99 ans.
Vincent Gardy
Télétravail : des avis partagés, l’option de Manutan
L’épisode du covid 19 a fait exploser le télétravail, la question étant de savoir s’il allait persister au-delà, ou au contraire se déliter au fil du temps. L’impression, c’est celle d’un certain désenchantement des employeurs et des managers vis-à-vis du télétravail, face à ce qu’ils considèrent comme des facteurs de moindre implication des collaborateurs et aussi de désagrégation du collectif.
Evidemment, les salariés y ont pris goût dans l’ensemble - ceux qui y sont éligibles bien sûr, et il est difficile de revenir en arrière, surtout dans les métiers dits en tension. Alors que de très grandes structures, comme Amazon et Ubisoft, ont annoncé revenir sur le télétravail sauf pour certains collaborateurs des départements technologiques ou digitaux, d’autres acteurs ont, au contraire, augmenté leur part de télétravail.
C’est le cas de Manutan. Rappelons que Manutan est un distributeur à la fois généraliste et spécialiste, fournisseur des entreprises et des collectivités.
Qu’en est-il dans la pratique ? Caroline Haquet se veut avant tout pragmatique. « Le télétravail, se souvient-elle, avait été instauré pendant la période du covid, à raison de deux jours par semaine ». Une fois ce moment passé, une vaste réflexion a été menée, « car il n’y a pas de modèle idéal ». Selon elle, ce qui compte c’est la population visée, la culture de l’entreprise et la localisation de ses installations. Suite à l’étude, il a été décidé un modèle dit de « flexibilité encadrée » tenant compte des réalités du terrain. Le nombre de jours de télétravail accessibles a été augmenté, au contraire de ce qui se passe dans bon nombre d’entreprises. En revanche, le décompte se fait mensuellement, à raison de huit jours par mois. « Cela permet, par exemple, illustre Caroline Haquet, de poser une semaine complète en présentiel, aussi au moment de la clôture mensuelle, quitte à ce que les collaborateurs concernés soient entièrement en télétravail la semaine suivante ».
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